Entre Nous: « Nous devons cesser de nous mentir »

« Nous devons cesser de nous mentir », a déclaré le président de l’association Gina-dogon, Mamadou Togo, à la tribune de l’assemblée générale qui a marqué le démarrage officiel des activités de l’Association des Communautés de Culture Songhay «IR GANDA ». C’était le 14 octobre 2017 au Palais des Sports Salimatou Maïga sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Kéïta, Président de la République.
Au-delà du « Sinakouya » ou cousinage à plaisanterie qui le lie aux communautés de culture songhay, Mamadou Togo ne pouvait pas mieux parler devant un parterre d’invités qui ont assumé ou qui assument encore de hautes responsabilités au sommet de l’Etat. Le hic est que l’orateur a peu de chance d’être entendu.
Le Président de Gina dogon a fait preuve d’un franc-parler qui pourrait agacer dans un pays où s’est instauré au fil du temps une culture du mensonge. Au Mali, on chérit le mensonge et on fuit la vérité comme la peste. Tout est devenu mensonge, adieu la vérité, bonjour le tissu de mensonge ! La situation actuelle dans laquelle se trouve notre pays est la somme de nos mensonges, hypocrisies, démagogies et surtout de nos petites lâchetés.
On ferme les yeux pour applaudir les déclarations les plus stupides du monde parce que tout simplement leurs auteurs ont les mains assez larges pour distribuer des billets de banque volés ou détournés des caisses du Trésor public.
Si nous cessions de nous mentir, comme l’a souhaité le Président de Gina dogon, le Mali se relèverait et ne serait plus la risée du monde. Si nous cessions de nous mentir, les enfants du Mali ne seraient plus tués par leurs propres frères ayant fait alliance avec des étrangers pour tresser une couronne d’enfer sur les têtes de certains citoyens du pays qui aspirent vivre en paix. Si nous cessions de nous mentir, les forces armées et de sécurité seraient en mesure d’accomplir leur mission régalienne de défense de l’intégrité du territoire national et de protection des personnes et leurs biens.
Si nous cessions de nous mentir comme l’a dit le Président de Gina dogon, le Mali connaîtrait la paix et par conséquent le développement durable. Si nous cessions de nous mentir, les voleurs et les corrompus de la République ne seraient plus vus comme des enfants bénis mais comme des fils indignes. Si nous cessions de nous mentir, une caste d’apatrides ne gaspillerait plus le bien commun au moment où la grande majorité des fils du pays rase les murs. Si nous cessions de nous mentir, la démocratie serait au service de tout le monde et non de quelques privilégiés. Si nous cessions de nous mentir, le Mali ne serait plus une démocratie de façade où on confond liberté et laisser-aller. Si nous cessions de nous mentir, la vérité contenue dans l’accord pour la paix et la réconciliation serait dite au peuple en lieu et place d’un verbiage qui épouse la langue de bois. Si nous cessions de nous mentir, notre dignité et notre honneur ne seraient plus vendus au plus offrant comme une vulgaire marchandise. Si nous cessions de nous mentir, le Mali ne tremblerait plus devant aucune nation, si puissante soit-elle.
Chiaka Doumbia
Source: Le Challenger

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