Entre Nous : Suppôts de Satan, ressaisissez-vous !

C’est une lapalissade de dire que le Mali a une histoire, dont la roue continue de tourner. Alors amnésiques, ressaisissez-vous ! Les pyromanes ne sont pas forcément ceux qui sont indexés comme tels !

Pour exiger la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, trois entités – la Coordination des mouvements et associations des sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), la Plateforme Espoir Mali Kura (EMK) appellent, ce vendredi 5 juin 2020, au Boulevard de l’indépendance, à un grand rassemblement.

Au premier rang, l’imam Mahmoud Dicko, réputé pour son intransigeance à défendre les valeurs comme l’éthique, la probité, la dignité, a même précisé qu’il dirigera – s’il plaît à Dieu – la prière à la Place de l’Indépendance. Avec lui des personnalités à l’image de Cheick Oumar Sissoko, dont l’engagement pour la république et la patrie n’a jamais été pris au dépourvu depuis leur jeunesse, entendent livrer cet ultime combat pour débarrasser le Mali des pratiques malsaines du système qui nous gouverne depuis 1992.

Le grand défi à relever par les initiateurs de la manif du vendredi 5 juin est celui de la mobilisation autour de leur mot d’ordre. Si la Plateforme CMAS-FSD-EMK le réussit, elle sera alors en position de force pour contraindre le président IBK à faire des concessions. Lesquelles ? Tout dépendra de l’ampleur de la marée humaine constatée sur place à Bamako et partout où ils ont appelé au même rassemblement. En revanche, une faible mobilisation serait synonyme d’échec et aurait pour conséquence, à défaut de refroidir leur ardeur, de leur rabattre le caquet pour quelque temps.

Depuis l’annonce de la manifestation, on assiste à une incroyable levée de bouclierà l’encontre de Dicko et ses camarades, à travers joyeusetés et autres violences verbales voire des intox visantà semer la psychose au sein de la population malienne. Ils s’y prennent avec une légèreté et une incohérence qui tombent sous les sens! Que craignent donc tant les‘’chiens de garde’’ du pouvoir par rapport à une simple manifestation de surcroît autorisée par les autorités compétentes?

Nous ne osons espérer que de la Plateforme qui a jusqu’ici fait montre de retenue ne cédera pas aux provocations et saura inscrire la suite de ses actions dans le cadre de la non-violence. Ils n’auront pas recours à la violence contre les édifices publics ni contre les forces de l’ordre. On n’appelle pas à détruire un pays où tout est construire, à commencer par le Citoyen que le malien tarde à devenir. Une lutte pacifique menée avec conviction et détermination peut venir à bout de tout système.

En plus des chiens de garde qui voient que leurs petits intérêts,gare aux faucons du régime qui opteraient pour une répression sauvage et aveugle du Rassemblement du 5 juin comme suggérée au gouvernement par la présidente de la Cour constitutionnelle dans un communiqué devenu viral sur les réseaux sociaux. Ivres de la jouissance de ce qu’ils volent au quotidien, ils sont prêts à dresser les Maliens les uns contre les autres, sauvegarder leurs intérêts sordides. Les casseurs de pays ne sont pas forcément ceux-là qui sont indexés. Ce sont plutôt tous ces ‘’situationnistes’’ et ‘’profitationnistes’’, tous ces opportunistes devant l’éternel dont la seule préoccupation est leurs prébendes.

Les casseurs du Mali, ce sont ces nombreux petits misérables prêts à vendre leurs âmes aux plus offrant, même ceux-là qui s’enrichissent en les rendant pauvres. Quelques billets de banques volés des caisses publiques achètent leur vote ou leur silence ! Rien de plus dégueu !!!!

Les casseurs, ce sont ces malheureux cadres qui, pour les mêmes raisons, décrédibilisent les institutions du Mali au lieu d’en faire la force comme dans les pays qui nous servent de modèles. Pas étonnant que le comportement de la Cour Constitutionnelle de plus en plus décrié, a fini par enterrer l’espoir des plus optimistes d’obtenir un changement par le vote depuis la proclamation des résultats des dernières législatives.

Tout Malien véritablement citoyen est conscient de la gravité de la situation et des conséquences d’un chao généralisé dans le seul pays. A moins qu’il n’ait d’autres nationalités et, donc, d’autres domiciles et résidences !

Surmontons donc nos peurs ! Le rassemblement de ce 5 juin doit être un avertissement aux tenants du système qui n’a réussi, depuis 1992, qu’à faire de notre pays la risée du monde. Ils sont prêts à tout, y compris le vol de nos votes, pour venir aux affaires avec leurs projets de sociétés. A terme voire avant, on se rend compte que ce sont  eux-mêmes qui émergent tandis que le pays plonge. Ils ont érigé le saupoudrage, le mensonge en système de gouvernance. Repus de leur arrogance, ils ne supportent pas la contradiction. C’est une lapalissade de dire que le Mali a une histoire, dont la roue continue de tourner.

Ou on met un trait sur le nombrilisme, où on se résigne à faire le deuil du Mali.  Amnésiques, ressaisissez-vous et redescendez des éthers !

Chiaka Doumbia

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