Entre nous : Un pays pris en otage !

Grève illimitée ! Préavis de grève ! Crise au sein du football malien ! Recrudescence des attaques contre les Fama ! Affrontements à caractère ethnique ! Polémique autour de la révision constitutionnelle ! Application en dents de scie de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger !

De ce point de vue, le Mali qui peine à se relever de la crise multidimensionnelle depuis 2012 est un pays cerné par les problèmes. En un mot, un pays pris en otage. Par qui ? Par ses propres fils ! Et oui ! A ce rythme, c’est l’existence même de la République qui est mise en cause. Car, il ne faut pas se voiler la face, les traîtres de la patrie qui prennent en otage toute la nation en occupant illégalement la région de Kidal depuis leur victoire sans gloire de mai 2014, deviennent de plus en plus fréquentables sur la scène internationale.

Les grévistes ne sont pas les seuls à prendre ce pays en otage. Ces cadres ou tous responsables qui volent l’argent public pour payer les frais de scolarité de leurs enfants dans les écoles privées sont pires que des preneurs d’otage. De même que celui qui puise dans les fonds publics pour se faire soigner dans des hôpitaux à l’étranger en faisant fi de la souffrance des autres citoyens livrés à eux-mêmes dans des structures sanitaires publiques. Comment qualifier celui qui prend des centaines de millions pour gratifier une bande d’apatrides au nom d’une hypothétique recherche de la paix ? Ce cadre qui attise les feux entre les communautés pour s’imposer comme la solution incontournable, est plus d’un preneur d’otage.

Ce haut responsable investi de la confiance populaire qui utilise l’argent du contribuable pour construire des édifices ou s’offrir un cadre de vie luxueux à coût de milliards dans un pays pauvre où les populations triment pour avoir accès à l’eau potable, est disqualifié pour critiquer qui que ce soit. Celui-ci est pire qu’un preneur d’otage. On ne peut pas opter pour des dépenses de prestige et continuer à faire fi des revendications légitimes des travailleurs. Quid de ces hauts responsables qui s’offrent des avantages exorbitants alors que d’autres fils du pays ne demandent que le strict minimum pour vivre dignement ?

Autant l’intransigeance des syndicats du personnel sanitaire est condamnable, autant le mépris du Président de la République et de son gouvernement vis-à-vis des préoccupations des partenaires sociaux est regrettable. Et chaque jour, l’actuelle équipe met du carburant dans le véhicule de ses opposants ou leur fournit des munitions. Les discours tenus çà et là ne donnent pas l’impression qu’il y a une conscience nette et  claire de la gravité de la situation au sommet de l’Etat.

Trouvons un terrain d’entente avec les grévistes. N’a-t-on pas trouvé de l’argent pour organiser avec succès le Sommet Afrique-France ? Ou pour construire un nouveau pavillon présidentiel à l’aéroport international à coût de milliards et des villas dans le cadre de ce sommet ? N’a-t-on pas trouvé de l’argent pour acheter des véhicules neufs et même un avion ?

En réalité, le problème au Mali n’est pas un manque de ressources, mais de partage équitable.

Par Chiaka Doumbia

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