Fin du projet RADONSCO : Les raisons d’espérance des producteurs de tomate et de pomme de terre

La salle de conférence de l’Institut d’Economie Rurale (IER) a abrité l’atelier national de clôture du projet « gestion intégrée de Ralstonia solanacearum (Smith) Yabuuchi et al. dans le contexte de l’augmentation des risques phytosanitaires liés aux changements climatiques (RADONSCO)». La rencontre était présidée par le directeur général adjoint de l’IER, Dr Abdoulaye Amadou Maïga, en présence de Modibo Sylla, représentant le directeur du centre régional de recherche agronomique de Sotuba et la présidente du programme fruits et légumes, Mme Kadiatou Touré.img_20160927_094156
Cet atelier national de clôture du projet RADONSCO, qui a enregistré la participation de plus d’une vingtaine de producteurs et chercheurs intervenant dans le domaine, avait pour but d’informer les différents partenaires impliqués dans l’exécution du projet RADONSCO, des résultats saillants obtenus et de la fin des activités du projet.
Lancé en janvier 2015 au Mali, le projet concernait une quarantaine de participants/producteurs de Sikasso, Niono, Kati, Baguinéda, de transformatrices et des services vulgarisation (OHVN OPIB) et des chercheurs de l’IER. Au bout de deux ans d’activités, sur la base des activités programmées, les résultats sont encourageants et nourrissent beaucoup d’espoir pour les producteurs de pomme de terre et de tomate.
Enquêtes sur les pratiques de production de la tomate et la pomme de terre
Sur la base des questionnaires conçus au cours de l’atelier d’harmonisation des méthodologies, une enquête s’est déroulée pendant les mois d’avril et mai 2015 dans les localités des cercles de Kati (Komitan, Sonityeni, Badougou, Samale), Niono (km39, Molodo, Molodo Bamanan), Sikasso (M’Pegnesso) et Baguinéda Sodougouba Coro, Baguinéda village, Kokoun Madina Sacko. Elle a concerné 48 producteurs de tomate et ou pomme de terre dont 8 femmes soit 18%. Aini, on a pu identifier des chefs d’exploitations parmi lesquels : célibataires (6,5%) mariés (93,5%) et deux (02) veufs. Quant au niveau d’instruction, il est très variable. Primaire (13,0%) niveau collège (10,1%), un (01) a le niveau secondaire, l’école coranique (30,4%), (11) ont été alphabétisées. Chefs d’exploitation n’ayant reçu aucune instruction (30,4%). On note (71,7%) des chefs d’exploitation qui font l’agriculture comme activité principale et (28,3%) le maraichage. Ceux qui ont des activités secondaires pour soutenir l’activité principale représentent (67,4%). Les superficies possédées varient de 625 m2 à 50 hectares tandis que les superficies emblavées varient de 400 m2 à 36 ha. 76,1% des personnes enquêtées militent dans des organisations. La coopérative (54,3%), l’organisation paysanne (17,4%), membre d’une ONG (2,2%) GIE (2,2%).

Connaissance de Ralstonia
Le Ralstonia est connu par les producteurs environ 93,5%. Des cas ont été observés par 43 producteurs soit 93,5%. 03 producteurs n’ont pas observé de cas (6,5%). La majorité des producteurs ont répondu qu’il n’y a aucun moyen de lutte contre le ralstonia (38 producteurs) soit 82,6%, mais 4, 3% estiment que la diminution de l’eau d’arrosage est un moyen de lutte.groupe-01
Concernant les pratiques de production de la tomate et la pomme de terre, 58,8% des producteurs pratiquent l’arrosage manuel et (39,0%) privilégient l’arrosage par motopompe. L’achat des semences est la principale source d’approvisionnement en semences. La rotation des cultures est faite par 78,3% des producteurs et (21,7%) producteurs ne font pas de rotation et 41,3% font la désinfection et (21,7%) ne la font pas. Le brulis est effectué par 44 producteurs soit 95,7%. D’autres activités ont été menées à savoir l’identification des variétés résistantes et/ou tolérantes au flétrissement bactérien. Cinq variétés de pomme de terre (Safrane, Monte Carlo, Montréal, Barcelona) ont été évaluées. Quant à la tomate, une évaluation en station des variétés et hybrides de tomates à Ralstonia a concerné 18 variétés et hybrides au niveau de la station de Baguinéda: Panther, SF 83-61, Formosa, Savana R, Jaguar, St-Pierre, Carioca, Mongol, Caraibo, Rossol, C20-5, Kiara, Roma, Floradade, Estrella, Thorgal, Buffalo et UC-82. Une évaluation en milieu paysans de six variétés de tomates (Roma, Rossol, Floradade, Caraïbo, Jaguar F1 et Mongal F1) a concerné plusieurs localités dans les régions de Koulikoro et Ségou, soit en moyenne trois producteurs par zone choisi sur la base du volontariat.
Au terme de l’atelier, les participants (producteurs et chercheurs) venus de Niono, Baguineda, Kati etc. ont émis le vœu de pérenniser le projet pour davantage lutter contre les parasites afin de permettre aux producteurs de tirer les meilleurs de profit dans la culture de la pomme de terre et de la tomate.
A noter que selon les statistiques de la FAO, la production de tomate de l’Afrique de l’Ouest s’élève à 1.980.988 tonnes et celle de la pomme de terre à 126.354 tonnes pour le Mali, la Guinée et le Sénégal. Toutefois, la recrudescence du flétrissement bactérien dû à Ralstonia solanacearum, causant des pertes importantes sur la culture des deux plantes. Ce qui avait justifié l’élaboration de ce projet régional (Mali, le Sénégal, le Burkina Faso et la Guinée) afin de trouver les solutions aux contraintes parasitaires.
Daouda T Konaté

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