Force conjointe du G5 Sahel : Déjà des voix contraires à celle de Macron !

A peine le sommet extraordinaire des chefs d’Etat du G5 Sahel avec la France achevé, des voix contraires à celle de Macron s’élèvent sur la question centrale de cette rencontre qui a eu lieu le 2 juillet dernier à Bamako sur l’initiative du Président de la République française. L’optimisme affiché à la fin des assisses quant à la mise en place rapide de la Force Conjointe du G5 Sahel, conçue exclusivement pour endiguer le terrorisme pourra être de courte durée.
Dans son discours à la cérémonie d’ouverture, l’invité d’honneur de ce sommet, Emmanuel Macron a été clair : « la force conjointe du G5 Sahel ne se substitue ni se confond à Barkhane ou à la Minusma. Elle vient en appui à la Minusma et à Barkhane ».
Se confiant à nos confrères de Radio France Internationale (RFI), le Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, parrain des traîtres du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) et signataire d’un pacte de non-agression avec les djihadistes, affirme qu’il n’est pas prêt à engager les moyens financiers et équipements nécessaires. Toutefois, le général putschiste mauritanien qui a revêtu le costume de démocrate, s’est dit prêt à déployer ses forces à la frontière avec le Mali dans le cadre de cette Force conjointe du G5.
Le Nigérien Mahamadou Issoufou, dans une interview accordée à Jeune Afrique en marge du 29ème sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine, propose que la Force conjointe devienne une brigade au sein de la Minusma suivant l’exemple de la mission onusienne du Congo. « La Force conjointe du G5 Sahel doit non seulement être intégrée à la Minusma mais aussi disposer de tous les moyens de cette dernière, y compris de son budget, composé de près d’un milliard de dollars », a expliqué le Président du Niger, un pays qui fait face aux assauts des terroristes de Boko-harm et ceux refugiés au nord du Mali.
« On ne peut pas faire les deux à la fois, être dans le G5 Sahel et en même temps dans une autre mission sur le même théâtre », déclarait le Président du Tchad, Idriss Déby Itno dans l’émission internationale de TV5, RFI et le journal le Monde. On le sait, le Tchad qui joue le rôle de gendarme dans certains pays d’Afrique, est confronté à une crise sans précédent sur les plans financier, économique, social et politique. Idriss Déby Itno avait même menacé de retirer ses troupes de la mission de maintien de la paix.
Le Burkinabé Rock Marc Christian Kaboré estime que la résolution 2359 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Force Conjointe du G5 Sahel ne répond pas à leurs attentes.
En attendant que le huis clos au Palais de Koulouba ne commence à livrer ses petits secrets, il est loisible de constater que la démarche privilégiée par le Président Emmanuel Macron ne fait pas l’unanimité parmi les chefs d’Etat du G5 Sahel. Le successeur de François Hollande a affiché une ferme détermination quant à la mise en place rapide de cette Force conjointe du G5 Sahel. A tout point de vue, la détermination du Chef de l’Etat français cache mal son empressement à voir une telle force prendre le relais de Barkhane qui pourra connaître sans doute un allègement de son dispositif militaire.
Cette divergence entre les chefs d’Etat va avoir des conséquences inéluctables sur l’opérationnalisation rapide de cette Force, souhaitée par le Président Macron mais aussi sur son efficacité même si un noyau embryonnaire venait d’être déployé à Sévaré sous la conduite du Général de Division, Didier Dacko. Sans oublier deux autres obstacles majeurs : le problème de financement et l’isolement de l’Algérie, une puissance régionale.
C. Doumbia
Source: Le Challenger

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