Franc CFA : l’activiste Kémi Séba arrêté à Dakar pour avoir brûlé un billet de banque

Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes Kémi Séba, qui avait brûlé un billet de 5 000 Fcfa lors d’un rassemblement à Dakar le 19 août dernier, a été placé un garde à vue vendredi matin, rapporte le site Jeune Afrique et plusieurs médias sénégalais.
Le président de l’ONG Urgences Panafricanistes Kémi Séba à son domicile de Dakar, vendredi 25 août, à 7 heure du matin, par des agents de la Division des investigations criminelles (DIC), pour le placer en garde à vue, a confirmé à Jeune Afrique Hery Djehuty, conseiller et coordinateur stratégique de l’organisation.
Il lui est reproché d’avoir brûlé un billet de 5000 FCFA lors d’un rassemblement « contre la Françafrique » organisé par l’ONG le 19 août dernier sur la place de l’Obélisque, à Dakar. L’activiste aura agit ainsi pour dénoncer cette monnaie qu’il qualifie de « scandale économico-politique d’ordre colonial ».
Dans un message publié sur sa page Facebook, Kémi Séba affirme n’être pas surpris de cette décision de la BCEAO.
« Je savais qu’en effectuant cet acte purement symbolique, la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest), sans doute sur commande de la BANQUE DE FRANCE, engagerait une procédure visant à me mettre en prison. Je le savais, et je suis prêt à en payer le prix du PLUS PROFOND DE MON ÂME.
Bien que chroniqueur géopolitique TV sur VoxAfrica, je suis LOIN d’être riche, et en brûlant ce billet, je savais aussi que je privais mes proches ainsi que moi même de ce que j’aurais pu acheter avec ce dernier.
Je tiens à préciser que j’ai agi SEUL, et que le frère qui m’a passé le briquet n’était pas au courant de mon projet de brûler le billet et donc ne pourra être accusé de complicité. Personne sauf moi, ne savait que j’allais commettre ce acte.
Le FRANC CFA est un scandale économico-politique d’ordre COLONIAL qui tue notre peuple. Au nom de nos ancêtres, je ne peux pas me taire quand je vois les nôtres se faire dépouiller (aussi bien par l’oligarchie française que par nos élites africaines qui trahissent leur mission). Si pour placer ce combat contre le FRANC CFA au centre des débats (comme nous avons su le faire de manière historique cette année), je dois être privé de ma famille que j’aime éperdument, de mes frères et soeurs d’Urgences Panafricanistes, ou encore des nombreux frères et soeurs qui nous aiment, je le ferai sans hésiter. Car la souveraineté est le combat de notre génération. Et elle mérite que l’on puisse se sacrifier pour elle.
Je précise que la BCEAO, plutôt que de vouloir me crucifier, aurait du être la 1ère à écouter les aspirations du peuple et à chercher à bannir le Franc Cfa. Au lieu de cela, elle cherche à faire incarcérer quelqu’un qui combat cette monnaie de gorille », peut-on lire sur la page Facebook de l’activiste.

Selon le site Jeune Afrique, l’article 411 du code pénal sénégalais prévoit que « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de changes, effets de commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge; (…) Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans ».
Source : Jeune Afrique

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