Front social en ébullition : Les enseignants dans les rues

Pas de répit sur le front social. Hier mercredi 05 avril 2017, les enseignants membres du syndicat de l’éducation signataire du 15 octobre 2016, dans un mouvement coordonné, sont descendus dans les rues dans plusieurs localités du pays. Excédés par l’incapacité du gouvernement à appliquer le protocole d’accord  qu’il a signé en octobre 2016 avec eux, les syndicats ont exprimé leur ras-le-bol et exigé le respect des engagements.

Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre ont battu le pavé hier mercredi dans plusieurs localités du pays notamment Bamako, Koulikoro, Ségou, Kayes, Kita, Nièna, Goundam, etc., pour réclamer l’application du protocole d’accord. Il s’agit du syndicat libre et démocratique de l’enseignement fondamental (SYLDEF), le syndicat national de l’éducation de base (SYNEB), le syndicat national des travailleurs de l’enseignement catholique (SYNTEC), le syndicat national des enseignants de secondaire de l’Etat et des collectivités (SYNESEC), le syndicat national des enseignants fonctionnaires des collectivités (SYNEFCT) et la fédération nationale de l’éducation de la recherche et de la culture (FENAREC).

Une grève 240 heures

Dans toutes ces localités et le district de Bamako, ce sont des centaines de personnes qui ont investi les rues, scandant des slogans comme « Non à la discrimination et à l’injustice sociale » ; « Non à la violation des textes » ; « Oui au statut autonome » ; « Statut autonome ou rien », etc. Ces cris de cœur traduisent le mécontentement des enseignants qui accusent le gouvernement de laxisme. S’il n’y a pas eu de couac dans les autres localités, à Bamako les marcheurs ont été gazés par les forces de l’ordre faisant des blessés. Par cette manifestation pacifique, les marcheurs voulaient dénoncer la mauvaise foi du gouvernement de ne pas appliquer le protocole d’accord signé en 2016. L’une des principales revendications de ces enseignants du secondaire et du fondamental est de leur accorder le statut autonome comme on l’a fait pour les magistrats.

Après leur marche d’hier mercredi 05 avril 2017, les syndicats de l’éducation, signataires du  15 octobre 2016, entendent observer une grève de 240 heures à compter du 10 jusqu’au 21 avril 2017 prochain.

Les cinq points d’accord sont : l’adoption d’un statut autonome de l’enseignant ; l’harmonisation des salaires des enseignants maliens sur ceux de la sous-région ; l’augmentation de l’indemnité spéciale de responsabilité pour les enseignants des catégories A, B et C ; la régularisation de la situation administrative et financière des camarades sortants de l’ENSUP (nouvelle formule) au même titre que ceux de l’ENI et de l’IPR-IFRA et enfin la conformité de la relecture de l’Arrêté n°3282 du 11 août 2016 avec les recommandations de la Lettre de protestation des différents syndicats.

Dans une note d’information, le ministère de l’éducation nationale, avait indiqué que contrairement aux arguments avancés par les syndicats lors de leur meeting d’information du jeudi 2 mars 2017, le Gouvernement ne s’est jamais engagé à donner un statut autonome aux enseignants. Il a plutôt proposé de ramener les discussions d’amélioration des conditions de vie et de travail du personnel enseignant dans le cadre des statuts particuliers existants. Mais les syndicats n’ont pas adhéré à cette proposition.

Daouda T. Konaté

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *