Grève de 120 h des fonctionnaires de l’Inspection du Travail : Quand le Ministre Racky Talla s’en moque

Les Inspecteurs du Travail au Mali sont des cordonniers mal chaussés. Ils ont la mission de mettre les travailleurs dans leurs droits au niveau des entreprises, mais travaillent dans les conditions les plus déplorables et révoltantes. Aujourd’hui, ils ont le sentiment d’être abandonnés et négligés par leur Ministre de tutelle qui refuse de les recevoir depuis deux ans. Révoltés, ils ont décidé d’observer une grève de 120 heures depuis le lundi dernier.mme-diarra-raky-talla-01
Selon le Secrétaire général du Syndicat des Inspecteurs du Travail, Sékou Bagayoko, à la date d’aujourd’hui, aucun texte portant primes et indemnités accordées aux Inspecteurs et Contrôleurs du Travail et leurs assistants n’a été adopté et aucun point du procès-verbal du 05 avril 2016 n’a été exécuté par le Ministère en charge du Travail. « Le Comité Syndical des Services du Travail a toujours privilégié le dialogue social et cultivé la patience pour la satisfaction de ses revendications qui sont légitimes et légales. Mais, que ferons-nous et où allons-nous, si notre gouvernement signe des engagements avec des syndicats et rechignent à les respecter. Nous serons ridiculisés aux yeux de nos militants et les propos des syndicats ne serviront plus à rien », déclare- t-il.
Les services du Travail, semble-t-il, sont le secteur le plus abandonné par l’Etat malien. A la date d’aujourd’hui, l’on enregistre de nombreux cas de défection et de demande de départ des agents, dus en grande partie aux conditions déplorables et démotivantes de travail et de rémunération dans les Services du Travail

Les gardiens des droits des travailleurs privés de droit
En comparaison aux autres services, le Secrétaire général poursuit que certains services ont des véhicules en nombre et en qualité et des primes et indemnités de toute sorte. Par contre, les services de l’Inspection du Travail du Mali (Direction Nationale du Travail, Cellule Nationale de Lutte contre le Travail des enfants et les différentes inspections régionales du travail) n’ont même pas de véhicule pour réaliser leurs missions d’inspection du travail dans les entreprises et ne bénéficient que du salaire. « Le Directeur National du Travail ne dispose pas de véhicule, ni aucune division de la Direction. A l’Inspection du Travail de Bamako, les agents mettent la main à la poche pour nettoyer leurs bureaux et acheter les matériels et papier pour pouvoir satisfaire les besoins des usagers. Les chaises et les vitres sont à la ruine » révèle-t-il. Cette grève, faut-il le noter, est le résultat du non respect des engagements que l’Etat malien avait lui-même pris en 2011 avec les travailleurs de l’Inspection de travail.
Il faut rappeler qu’ en juillet 2011, le gouvernement du Mali avait décidé de signer avec le Comité Syndical des Services du Travail, un protocole d’accord sur un certain nombre de points parmi lesquels figurait l’adoption d’un décret portant primes et indemnités accordées aux inspecteurs, contrôleurs du travail et à leurs assistants prenant effet le 1er octobre de la même année. Chose qui n’a jamais été faite ! Cinq ans après, en avril 2016, le Comité Syndical des Services du Travail avait déposé un préavis de grève qui n’aura pas lieu. Le comité syndical en son temps avait signé un procès-verbal de conciliation avec le Gouvernement du Mali comportant 16 points.
Le non respect de ce procès-verbal par le gouvernement du Mali, notamment les points 1 et 2, est à l’origine de la grève de 120 heures qui a démarré lundi. Ces informations ont été données lors d’un point de presse à la Bourse du Travail.
Modibo L. Fofana

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