Haïdara Bernadette Kéita, ministre en charge de l’environnement : ‘’Notre pays perd chaque année plus de 100.000 hectares de forêts’’

Coupe abusive du bois, surpâturage, l’orpaillage, défrichements incontrôlés, feux de brousse, occupation illicite de domaines forestiers classés et d’aires de conservation de la biodiversité…sont les fléaux qui font perdre à notre pays perd chaque année plus de 100.000 hectares de forêts a révélé Mme Haïdara.

La ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Mme Haïdara Bernadette Kéita, a fait cette révélation le 5 février dernier, au cours d’un point de presse sur la règlementation de l’exploitation des forêts et des massifs forestiers, notamment la promotion, la valorisation et la commercialisation des produits forestiers.

17,4 sur 32 millions ha

Selon elle, l’analyse de l’évolution des surfaces boisées au Mali montre une diminution drastique et continue du couvert végétal à cause de la coupe abusive du bois, du surpâturage, de l’orpaillage, des défrichements incontrôlés, de la persistance des feux de brousse et de l’occupation illicite des domaines forestiers classés et des aires de conservation de la biodiversité. «Les études ont établi que notre pays perd chaque année plus de 100.000 hectares de forêts du fait de ces fléaux. C’est pourquoi sur les 32 millions d’hectares de forêts recensés au Mali en 1985, il ne reste actuellement qu’environ 17,4 millions», a précisé Mme Haïdara Bernadette Kéita,

Cette situation est aggravée par l’exploitation du bois d’œuvre en vue de son exportation et la non application correcte des divers plans d’aménagements et de gestion par les titulaires des contrats d’exploitation, a-telle ajouté. «Ainsi le remplacement des quotas prélevés n’est pas assuré et cela constitue une véritable menace pour nos écosystèmes sahéliens connus pour leur grande vulnérabilité», a souligné Mme Haïdara Bernadette Keita.

Des dispositions idoines à prendre …

Cela risque, si des dispositions idoines ne sont pas prises, « de détruire nos écosystèmes qui sont des moyens de subsistance pour nos communautés ; de faire perdre à notre pays son statut de puits de Carbonne c’est- à-dire pays émettant moins de gaz à effet de serre et, enfin de remettre en cause notre crédibilité auprès de nos partenaires régionaux et internationaux.»

C’est pourquoi le Gouvernement a adopté en 2017 une Politique Forestière Nationale pour inverser la tendance de dégradation tout en améliorant la gouvernance des ressources forestières.

Conformément aux engagements internationaux

Ainsi ont été adoptés, en vue de rationaliser l’exploitation de ces ressources et mieux orienter les actions de lutte contre la sécheresse et la désertification, la Loi n°10-028 déterminant les principes de gestion du domaine forestier national et le Décret n°2018-0662/P-RM portant règlementation de l’exploitation des produits forestiers dans le domaine forestier national.

Pour la patronne du ministère de l’environnement, le dispositif de mise en oeuvre des plans d’aménagement et de gestion prévu par les textes suscités n’a pas permis l’exécution correcte des mesures de restauration d’une part et un contrôle efficace des quantités de bois à prélever, d’autre part, notamment le bois d’œuvre (bois de sciage).

En vue de corriger ces insuffisances de la réglementation en vigueur, dira Mme Haïdara Bernadette Keita, son département en collaboration avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements et celui de l’Economie et des Finances, a pris les mesures suivantes : la signature de la décision n°0016/MEADD-SG du 27 mai 2020, portant suspension de l’exploitation du bois d’œuvre ou bois de sciage ; l’évaluation complète de la mise en œuvre des divers plans d’aménagement et de gestion en vue de mettre fin à l’exploitation des massifs par les titulaires de contrat dont les plans d’aménagement et de gestion ne sont pas correctement mis en œuvre conformément à la règlementation en vigueur ; l’élaboration et la signature d’un arrêté interministériel déterminant le détail de la procédure d’exploitation des forêts et des massifs forestiers ainsi que la promotion, la valorisation et la commercialisation des produits forestiers conformément aux dispositions du Décret N°2018-0662/PR-M du 08 août 2018 portant règlementation de l’Exploitation des produits forestiers dans le domaine forestier national ; et enfin l’élaboration et la signature d’un arrêté fixant les modèles de plans d’aménagement forestier.

L’adoption de ces Arrêtés, selon elle, permettra de préciser davantage le niveau de transformation requis par les textes en vigueur pour bénéficier d’une autorisation d’exploitation ou d’exportation du bois. Comme avantages, elle cite la transformation sur place du bois pour l’amélioration de son apport pour notre économie à travers la création d’emplois et le relèvement du niveau d’industrialisation des unités de transformation. Aux dires de Mme Haïdara, il s’agit de créer un cadre favorable permettant d’organiser la filière bois de notre pays tout en respectant nos engagements régionaux et internationaux dans le cadre de la lutte contre la désertification, les changements climatiques, la restauration de la biodiversité, la dégradation des terres et la préservation des écosystèmes.

Bourama Camara

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