Il n’est jamais trop tard !

Profitant de la réunion inaugurale du Groupe de suivi et de soutien à la
Transition au Mali, le 30 novembre dernier, au Centre International de
conférences de Bamako, le Chef de la Minusma, Représentant spécial du
secrétaire général des Nations Unies, Mahamat Saleh ANNADIF, a regretté le
statut quo, à savoir le blocage dans la mise en place du Conseil national de
Transition (CNT). Non sans exprimer ses profondes inquiétudes quant à
l’absence de consensus dans la désignation de ses membres.
Mahamat Saleh ANNADIF a raison. En lieu et place des discussions
consensuelles conduites par le gouvernement sous la houlette du Premier
ministre et l’arbitrage du Président de la Transition, le CNSP a opté pour des
démarches informelles auprès d’individus de mauvaise foi pour fragiliser les
associations et formations politiques.
Entretenue par les chefs de la junte militaire et leurs soutiens, la manipulation
en cours consiste à faire croire que des organisations de la société civile ou
partis politiques ont déposé leurs dossiers de candidatures pour le CNT
contrairement à ce qu’ils déclarent publiquement. La Pratique, qui consiste à
recevoir les dossiers à titre individuel sans l’étiquette associative ou politique,
est illégale et contraire aux idéaux de changement réclamé de tous ses vœux
par le peuple malien.
Objet de contestation, le Décret N°2020 0142- PT-RM du 09 novembre 2020
fixant les modalités de désignation des membres du Conseil National de
Transition est clair : il attribue un quota à des entités énumérés à l’article 13 de
la Charte de la Transition. Le texte réglementaire précise dans son article 3
que chaque organisation doit envoyer une liste comportant le double de son
quota. «Les candidatures sont déposées au double du quota attribué à chaque
composante sous peine d’irrecevabilité», Par exemple, une organisation qui a
quatre sièges doit établir une liste de 8 personnes.
Sur cette base là, les dossiers de candidatures devraient être au nombre de
242 et doivent obligatoirement provenir des organes prévus à l’article 13 de la
charte. Selon cette disposition, le CNT est «composé de cent vingt et un (121)
membres répartis entre les Forces de Défense et de Sécurité, les
représentants du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces
patriotiques (M5-RFP), les partis et regroupements politiques, les
organisations de la société civile, les centrales syndicales, les syndicats libres
et autonomes, les organisations de défense des Droits de l’Homme, les ordres
professionnels, les Maliens établis à l’extérieur, les Mouvements signataires
de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger,
les Mouvements de l’inclusivité, les groupements de femmes, de jeunes et des
personnes vivant avec un handicap, les confessions religieuses, les autorités
traditionnelles et coutumières, les chambres consulaires, les faitières de la
presse, des arts et de la culture ».

L’article 1er du décret N°2020 -0143 /PT-RM fixant la clé de répartition
attribue : « vingt-deux (22) représentants des Forces de Défense et de
Sécurité ; Huit (08) représentants du Mouvement du 5 juin (MS-RFP); Onze
(11) représentants des partis et regroupements politiques; Neuf (09)
représentants des Organisations de la Société civile; Quatre (04)
représentants des groupements de femmes; Quatre (04) représentants des
groupements des jeunes; Cinq (05) représentants des Mouvements
signataires de l’Accord pour la Paix; Quatre (04) représentants des
Mouvements de l’Inclusivité; Quatre (04) représentants des organisations de
défense des droits de l’homme; Trois (03) représentants des personnes vivant
avec un handicap; Six (06) représentants des maliens établis à l’extérieur;
Quatre (04) représentants des centrales syndicales; Sept (07) représentants
des syndicats libres et autonomes; Huit (08) représentants des ordres
professionnels; Trois (03) représentants des confessions religieuses; Cinq (05)
représentants des autorités traditionnelles ; Cinq (05) représentants des
chambres consulaires; Quatre (04) représentants des faitières de la presse;
Cinq (05) représentants des faitières des arts et de la culture».
C’est dire que, avant qu’il ne soit trop tard, que les responsables de ces
micmacs doivent sans plus tarder se ressaisir en arrêtant de recevoir des
dossiers individuels de candidature en dehors de toute disposition légale et en
absence de consensus.
Au-delà du CNT, le processus de transition en cours depuis le 18 août dernier
suite à la démission forcée du Président Ibrahim Boubacar Kéïta est sous les
bottes des Colonels du Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP). Leur
volonté de plus en plus affichée est de s’accaparer de l’ensemble des leviers
du pouvoir. Avec la complicité de personnalités sans scrupules qui ont trahi les
idéaux du changement. Sont-ils prêts à tout pour réussir un passage en force
dans la mise en place du CNT ?
Même à terre, ce peuple a des ressorts cachés. Ne l’oublions jamais !

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