Justice pour Birama Touré !

5 ans de silence des autorités ! 5 ans de recherche de vérité ! 5 ans d’enquête sans résultats probants ! 5 ans d’angoisse pour ses confrères, sa famille et tous les hommes épris de paix et de justice ! Justice pour Birama Touré !

29 janvier 2016-29 janvier 2021 ! Voilà déjà 5 ans que disparaissait, de la façon la plus mystérieuse, notre confrère Birama Touré, journaliste à l’hebdomadaire «Le Sphinx». Curieusement, c’est sous l’ère dite de la démocratie au Mali qu’ont été enregistrées les pires agressions   contre des hommes de médias. Ce fut le cas de Cheick Oumar Konaré quand Alpha Oumar Konaré était au pouvoir, de ‘’Dragon’’ -Hamidou Diarra – sous le régime du Président Amadou Toumani Touré, de Saouti Haïdara et Abderhamane Kéita pendant le sinistre épisode de la junte militaire sous la houlette d’un certain Amadou Haya Sanogo….pour ne citer que les plus emblématiques.

Il y a aussi de ténébreuses affaires ayant abouti à l’emprisonnement de journalistes, dont la plus rocambolesque est sans doute l’affaite dite « La maîtresse du Président de la République». 4 directeurs de publication, un journaliste et un enseignant ont été jugés et condamnés en juin 2007 par le tribunal de première instance de la commune III de Bamako. «L’acharnement» du Procureur de la République, Sombé Théra, actuel Secrétaire général du ministère de la Justice et des Droits de l’homme « à envoyer des journalistes en prison, au mépris des standards démocratiques et de la présomption d’innocence» a été dénoncé à l’époque par Reporters sans frontières (RSF) !

Le cas le plus inédit et sans précédent est celui de Birama Touré : un journaliste qui disparaît sans laisser de traces. De 2016 à 2021, les autorités maliennes peinent à faire la lumière sur cette disparition. Interpellé à plusieurs reprises, le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, renversé le 18 août 2020 par un coup d’Etat militaire, a toujours esquivé l’épineuse question.

Manifestement, n’avance point l’enquête confiée à un juge d’instruction du Tribunal de Grande instance de la Commune IV du District de Bamako ! Pourtant des journalistes ont été entendus dans le cadre de la procédure au même titre que le Président du Parti Sadi, Dr Oumar Mariko. Mieux, en mars 2019, le magistrat-instructeur envoie une convocation à Karim Keïta, fils du Président IBK et non moins président de la Commission de la Défense, de la Sécurité et de la Protection civile à l’Assemblée nationale, avant d’annuler ladite convocation pour sa divulgation sur les réseaux sociaux et l’immunité parlementaire du député !!!!

Déjà en février 2019, le journal français «L’express» avait consacré un article sur cette affaire sous le titre : «Mali : le journaliste disparu et le fils du président».

Le neveu de notre confrère disparu, Baladji Touré, qui vit en région parisienne, a déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile devant le Tribunal de Grande instance de Paris pour des faits de «tortures» et de «meurtre». Selon Baladji Touré cité par l’Afp, la plainte a pour objectif de permettre à la justice française d’écouter par tous les moyens des personnes susceptibles de faire éclater la vérité. Cette vérité que les confrères et frères de Birama Touré réclament en vain depuis 5 ans. A travers l’Organisation des Jeunes Reporters du Mali (Ojrm), le Mouvement de Protection de la Presse contre les Violences (MVP) etc…la corporation s’est mobilisée. Une mobilisation ébranlée par des manœuvres de division ! 5 ans de silence des autorités ! 5 ans de recherche de vérité ! 5 ans d’enquête sans résultats probants ! 5 ans d’angoisse pour ses confrères, sa famille et tous les hommes épris de paix et de justice ! Justice pour Birama Touré !

Par Chiaka Doumbia

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