Kidal : Le Président IBK dans l’imbroglio tribal ?

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, est dans un véritable imbroglio tribal à Kidal qui risque de donner un nouveau coup de grâce à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Déjà, l’équilibre communautaire a pris un sérieux coup avec les affrontements du 21 juillet dernier, soldés par la mort de plusieurs personnes.

Le 21 juillet 2016 au moment où la République avec à sa tête, le Chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéïta, pleurait les morts de Nampala, les armes crépitaient dans les rues de Kidal entre le Groupe d’auto-défense des Imghad et alliés (Gatia) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua). Si les deux groupes qui se regardaient depuis quelques semaines en chiens de faïence sont peu bavards sur le bilan, les observateurs indépendants ont fait état de plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés notamment parmi les populations civiles. Ces affrontements autour des enjeux du pouvoir local sonnent-ils le glas des accords d’Anefis et de Niamey qui avaient fédéré apparemment les différentes communautés ?  Tout porte à le croire.

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, est dans un véritable imbroglio tribal (voir l’article ci-dessous pour mieux comprendre cette rivalité Imghad-Ifoghas) à Kidal qui risque de donner un nouveau coup de grâce à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. L’opinion publique nationale ne comprend pas  la position prêtée par certains medias au Chef de l’Etat. Dans l’imagerie populaire, on considère que le Général El Hadj Ag Gamou (un grand patriote, selon certains) et le Gatia qui se sont battus contre les troupes ennemies en l’occurrence le Mnla et ses alliés islamistes-djihadistes, sont victimes d’une grande injustice.

Les services de la Présidence et les Conseillers du chef de l’Etat doivent se battre contre toutes ces informations  qui donnent l’impression, à tort ou raison, que le Président IBK a pris partie pour  le camp des Ifoghas en leur donnant le droit de piétiner les Imghads. La démarche du chef de l’Etat n’a pas été comprise et souffre d’un déficit de communication. Une nécessaire explication s’impose.

Si le gouvernement et la communauté internationale, laquelle est en train de fermer les yeux sur de graves discriminations, ne font pas attention, le risque de basculer dans une guerre civile ou intercommunautaire est plus que réel. De plus en plus, le sentiment se nourrit qu’une tribu minoritaire très attachée à la féodalité en l’occurrence les Ifoghas, ne peut plus s’ériger en maître absolu du nord par les armes avec les faveurs de certaines puissances internationales. Ils sont nombreux les citoyens à se convaincre de la nécessité de prendre les armes comme le Mnla et ses acolytes ou d’utiliser la violence pour être pris au sérieux par le gouvernement de la République du Mali.

Cela n’augure rien de bon pour la restauration de la stabilité et de la paix. Il est illusoire de croire que les autorités intérimaires puissent être installées sans un minimum de consensus entre les différents acteurs de la mise en œuvre de l’accord.

Chiaka Doumbia

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