Le Challenger de la semaine : Nèguè Dembélé : le roi de la pomme de terre

Natif de Waramata, commune de Koula dans le cercle de Tominian, Nèguè Dembélé est un bourreau du travail, un amoureux de la terre qui fait des merveilles dans la culture de la pomme de terre.

Pugnace, du haut de ses 51 ans, ce Bobo bon teint abandonna les études avant le Diplôme d’études fondamentales (DEF) pour prendre le chemin de l’exode. Il posa son sac à Sikasso où il travailla de 1980 à 1985 dans la  plantation d’Aguibou Berthé, enseignant de son état. Comme beaucoup de jeunes de son âge, il finit par traverser la frontière pour la Côte d’Ivoire. Pendant cinq ans, il travailla comme ouvrier agricole dans une plantation d’hévéas à Gnigouagara dans la préfecture de Djibrawa, région de Gagnoa.

De retour au bercail en 1990, c’est Kadiolo qu’il choisit pour s’installer. Il prit ses quartiers à Noumousso et revint à ses premières amours : le travail de la terre. Il se consacre au maraîchage, en cultivant la carotte, la salade, la betterave et le piment, avant d’aller à l’assaut de  la culture de la pomme de terre en 2000, en dépit des propos décourageants de ses détracteurs, pour lesquels la culture de la pomme de terre ne réussit pas dans la capitale du Folona.

Armé d’un ardent désir de réussir, il accepta de se mettre à l’école du Service Local de l’Appui Conseil de l’Aménagement et de l’Equipement Rural (SLACAER), présentement appelé Secteur de l’Agriculture de Kadiolo, auprès de l’agent Mohamed Diarra, chargé de programme, pendant une année. Au terme de cette formation, Nèguè  mit le turbo. En  2000, sa production de pomme de terre atteignit la tonne. En 2017, il pulvérisa son record de  production : 22 tonnes de pomme de terre bio, sur une superficie de moins d’un hectare (105 mètres de longueur sur 78 mètres de largeur). Son secret : point de fertilisants chimiques. En revanche, l’utilisation suffisante  de la bouse conditionnée de vache, de mouton et de chèvre a fait exploser son rendement.

Un expert très sollicité

Devenu consultant grâce à son expertise et son savoir-faire, il est actuellement très sollicité par les partenaires du monde rural, Projets et ONG.  De 2009 à 2018, il est superviseur des plantations maraîchères de Kambo, Touban, Ngolona et Kadiolo-ville, maître d’ouvrage de l’ONG BINKAD (Binta Kadiolo). Au compte de cette organisation, il assure l’encadrement des femmes maraîchères de Kadiolo. Les 1000 pieds de Moringa qu’il a plantés avec les amazones sont devenus un trésor. La poudre de feuille de Moringa était mise en sachets conditionnés, estampillés Made in Mali, exportée en France, au Burkina, au pays de l’Oncle Sam, en Côte d’Ivoire pour ses vertus médicales.

En 2015, il encadra la soixantaine de femmes productrices d’oignons de Katèlè, à quelques encablures de la route nationale numéro 7 (RN7). En 2016, pendant 3 mois il encadra une soixantaine de femmes maraîchères de Lofigué. En 2017-2018,  il initie à la culture de pomme de terre les ouvriers agricoles du pharmacien Dr Mamadou Sanogo sans oublier d’autres formations à Zékoundougou et le groupement  Bènkadi de Kadiolo.

Le Projet d’appui à la communauté rurale (PACR) et le Projet d’appui à la filière agricole (PAFA) sollicitent régulièrement l’expertise de Monsieur Dembélé pour encadrer, conseiller et suivre les paysans comme ce fut le cas les 29 et 30 janvier dernier lors d’une formation sur la nature du sol à Fima.

Pour le succès de la culture de la pomme de terre, à Kadiolo, on est fondé à affirmer de bon droit que la paternité  revient  à ce self- made-man, Négué Dembélé. Méthodique et partisan de la bonne gestion entrepreneuriale, il trouve que le travail bien fait rime avec prospérité, lorsque la gestion est orthodoxe.

Mohamed Koné, Correspondant à Kadiolo

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