Le Mali à la croisée des chemins : Le temps du choix serein et responsable

Pour le Malien, l’heure est plus que jamais à la sérénité pour sauver la nation du péril d’une disparition certaine. Il suffit de se mobiliser et de rester uni derrière des valeurs sûres connues comme telles au-delà de nos frontières et qui, sans tambour ni trompète, contribuent à ce que le Mali tienne encore debout.

Qui est mieux indiqué parmi la vingtaine de millions que nous sommes pour rallumer le flambeau du Maliba ? Un Mali dont les difficultés, qui ont débuté dès l’aube des indépendances, n’ont cessé de s’empirer du fil du temps et des gouvernances ? Au point que du dictat des institutions de Breton Wood qui l’ont mis sous perfusion tout en laissant ses fils au chômage, on en est à prendre la perche tendue par la communauté internationale (près de 150 pays) qui est au chevet de ce grand corps malade sous prétexte de le tenir encore en vie ?

Chaque Malien a sa part de responsabilité dans ce qu’est devenu notre pays. En première ligne, l’acteur politique cherche le pouvoir pour se servir et non servir le pays dont il se fiche éperdument du développement, qu’il soit à un poste électif ou nominatif. La politique pour lui n’est qu’un instrument de promotion personnelle : être connu, voire célèbre à travers un bon poste et surtout beaucoup d’argent.

Devrait-on le condamner d’avoir acheté la conscience de son électeur pour parvenir à ses fins ? Non, parce qu’un électeur qui vend son vote n’est pas un citoyen. Le mot a un sens bien précis. Soit un tel électeur ignore l’importance du choix de celui à qui il confie son destin. Soit il préfère prendre avec lui quelque chose à se mettre sous la dent ou régler ses préoccupations du moment, peu soucieux par cette légèreté de sacrifier son avenir et celui de sa progéniture. Car celui à qui il vend ainsi sa voix ne songera qu’à son propre bien-être et à celui de ses ouailles. Dans le système mis en place, les principaux complices sont les opérateurs économiques véreux. Contrairement aux vrais capitaines d’industries qui, sans tambours ni trompettes, créent des milliers emplois décents ici et ailleurs sur le continent, paient à la régulière d’importantes contributions fiscales (droits de douanes, TVA), ces opérateurs véreux ne sont riches que parce qu’ils volent l’Etat avec la complicité d’agents non moins véreux : par le biais de fausses factures pour des prestations fictives, des surfacturations pour des prestations dont la qualité est sujette à caution.

Nous sommes tous coupables aussi parce qu’acteurs politiciens et électeurs –au plus 8 millions d’âmes – sont quotité négligeable par rapport à la population malienne. Quant à la société dite civile dans toutes ses composantes minée aussi par le virus de la division, elle n’a jamais su s’organiser convenablement pour proposer ou constituer une alternative crédible en réaction aux dérives des politiques.

Quid de l’écrasante majorité dite silencieuse ? Elle peine, pour diverses raisons, dont l’ignorance, l’indifférence ou la quête quotidienne de la pitance, à relever le défi de la simple citoyenneté dans une république digne de ce nom.

Ainsi au cours de cette période exceptionnelle de son évolution que notre pays traverse au point qu’il est plus proche du pire que du miracle, ses enfants devraient-ils faire preuve de sérénité en arrêtant les discours inutiles, les médisances, voire les calomnies distillées à travers des plumes et micros vendus aux plus offrants. Ils doivent, plus que jamais, en finir avec les coups de Jarnac et se donner la main pour sauver le seul pays que nous avons en soutenant ses valeurs sûres œuvrant à inlassablement pour rester des références dans leurs domaines d’intervention. Au Mali et hors du Mali. Ces hommes et ces femmes sont bel et bien là. Il suffit de regarder dans la bonne direction.

CHIAKA DOUMBIA

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *