Le Secrétaire général de l’URT de Kidal «Nous voulons que l’Etat du Mali soit plus responsable»

Le Secrétaire général de l’Union Régionale des Travailleurs (URT) de Kidal, Mody Samba Touré et ses camarades ont rencontré le 22 juillet dernier, Koïna Ag Ahmadou, le nouveau Gouverneur et le Directeur de l’académique d’enseignement de la Région de Kidal à la Bourse du Travail de Bamako. En marge de ces deux rencontres, ce miraculé des événements tragiques du 17 mai 2014 survenus à Kidal suite à la visite du Premier ministre de l’époque, Moussa Mara, a bien voulu se prêter à nos questions. Mody Samba Touré appelle le gouvernement de la République à être plus responsable.

Vous venez de vous entretenir avec le Gouverneur et le Directeur de l’académie d’enseignement de la région de Kidal. Quel était l’objet de ces rencontres ?

Effectivement, nous venons d’avoir un entretien avec  le gouverneur de Kidal et le Directeur de l’Académie d’Enseignement. Pour le Gouverneur qui vient d’être nommé,  il s’agissait de lui souhaiter bon vent pour la réussite de sa mission. Et de lui dire que nous ‘’les travailleurs de la région de Kidal’’ sommes prêts à le soutenir dans le cadre du dialogue social. Nous lui avons soumis quelques revendications. Avant sa nomination comme Gouverneur, il était Directeur de l’Académie d’Enseignement de Kidal et a travaillé au Ministère de l’éducation.

La majorité des travailleurs, présente à cette rencontre, est constituée d’enseignants. Actuellement sur Kidal, on parle de plus en plus du retour des services sociaux de base. Pour ce retour, nous avons besoin de certaines garanties à savoir, la sécurité, l’indemnisation de nos biens perdus. En 2012 et 2014, les travailleurs ont perdu tous leurs biens. Vu la situation actuelle, nous voulons que le gouverneur plaide pour nous auprès des plus hautes autorités pour l’octroi d’une prime spéciale et le renforcement des primes déjà existants.

Quant au Directeur de l’académie, il est venu faire le point de la situation. Le mois de février dernier, on avait entamé une démarche. Le Directeur de l’académie était sur le terrain avec certains enseignants. Il nous a raconté clairement  les difficultés vécues.

Malgré tout ce qui a été fait, ils n’ont pas pu correctement travailler. Ils ont ouvert quelques écoles. Les occupants voulaient que l’école soit islamique. Cette exigence a été rejetée parce que l’école publique est laïque. On leur a imposé l’enseignement  de l’arabe et du Tifina au premier cycle.  Je crois que c’était trente minutes de Tifina par jour, trente minutes d’arabe. Le reste  du temps était consacré à l’enseignement classique. La deuxième difficulté auquel ils sont confrontés là-bas, était relative aux volontaires formés par la Croix-Rouge qui ne maîtrisaient pas réellement la démarche méthodologique.

Le Directeur de l’académie d’enseignement a expliqué qu’il compte sur nous   pour un éventuel retour en octobre pour assurer l’année scolaire 2016-2017. On a dit que ce n’est pas ça le problème. Maintenant, les enseignants sont confrontés à un certain nombre de difficultés. En 2014,  l’Etat avait mis à la disposition des gouvernorats de Kidal, Gao et Tombouctou des montants de 150.000 F CFA l’installation des travailleurs et 100.000 F CFA pour leur transport. Ce sont quelques travailleurs de Kidal qui ont perçu cette somme. Et tout le reste se retrouve surtout au niveau du ministère de l’éducation. On lui demande alors où en sommes-nous ? Nous voulons qu’il nous aide à débloquer cette somme pour les enseignants qui ne l’ont pas encore perçu. On a bon espoir. Nous voulons que l’Etat soit plus responsable. Après ce qui s’est passé à Kidal hier (jeudi 21 juillet), nous espérons qu’il y a une accalmie afin que les gens puissent s’asseoir et réfléchir ensemble.

Selon vous, les conditions sont-elles réunies pour le retour  de l’administration et des enseignants ?

Pour les enseignants, aucune condition n’est réunie. En ce qui concerne  l’administration, si ce n’était pas le  problème d’hier, l’affrontement entre les différentes communautés, le gouverneur nous disait que lui et son staff allaient partir le 24  juillet à Kidal. Il était même là pour les préparatifs de son départ, mais avec le problème, il ne sait pas si son  départ aura lieu. Ce n’est pas un problème majeur pour nous qui étions à Kidal depuis 2000. Il y a toujours des tensions entre les  communautés surtout entre les Imghad et les  Ifoghas. C’est une sorte de règlement de compte. Quant aux enseignants, nous sommes en attente. Dès que les conditions seront réunies, nous irons servir notre patrie.

Avez-vous trouvé une oreille attentive auprès du gouverneur et du DAE par rapport à vos doléances ?

Le Gouverneur nous a fait savoir que l’indemnisation des travailleurs  est sur la bonne voie. Il y a une commission qui doit statuer au niveau de la Primature. Ce n’est pas seulement les travailleurs  de la région de Kidal qui sont confrontés à ces problèmes mais aussi ceux des régions de Gao et Tombouctou. Normalement, les travailleurs doivent être indemnisés. Nous sommes à l’attente.

Propos recueillis

Par Chiaka Doumbia et Bintou Diarra

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