Le temps use le mensonge et polit la vérité : Les symptômes avant-coureurs d’une crise grave

En si peu de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, voilà que le 18 août 2020 un  coup d’Etat militaire, avec la participation active du M5-RFP, mit fin à la forme républicaine de l’Etat ! le régime du Président IBK est aussi, comme son devancier, renversé. La démocratie malienne ne repose plus sur le suffrage universel. Les éternels recalés de ce suffrage universel ont désormais institutionnalisé le coup d’Etat au Mali. La communauté  internationale (CEDEAO) comme naguère vint au secours du Mali, imposa au «CNSP-M5-RFP» le retour à la Constitution et l’organisation des élections générales (présidentielle et législatives).

Une telle solution n’efface pas le coup- d’Etat. Au contraire, elle le rend légitime, juste et équitable. Avec le temps elle (cette solution) finira même par légaliser cette action. On ne peut pas retourner à la Constitution et ne pas tenir compte de l’article 30 : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois ».

On ne peut pas retourner à la Constitution et faire fi des articles 26-28 et 121 de cette Constitution en vigueur.

Article 26 : « La Souveraineté nationale appartient au Peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum. Aucune fraction du Peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice » ;

Article 28 : « Les partis concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminées par la loi.

Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et la laïcité de l’Etat ».

Article 121 : «Le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution.

La forme républicaine de l’Etat ne peut être remise en cause. Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’Etat.

Tout coup d’ETAT ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien».

Faire attention…

En effet, les citoyens des huit régions qui forment le grand peuple, le vrai peuple, se sentent aujourd’hui aliénés ; ils sont étrangers à ceux qui prétendent agir en leur nom, les résultats des deux dernières élections présidentielles l’attestent. Il faut faire attention, il faut faire beaucoup attention, savoir faire la différence entre les agitateurs qui s’agitent et le vrai peuple souverain silencieux n’ayant pas été consulté. C’est ce à quoi pourvoient les articles 26-28 et 121 ci-dessus.

La crise sociopolitique du Mali est due à l’incivisme constitutionnel des chefs et les ténors des partis politiques, à la carence intellectuelle des sublimes sans profondeurs qui ne savent que faire de la jactance sur les écrans de télévisions. En réalité, ils ne viennent que pour mettre la patrie à l’encan.

Au lieu de sortir de la Constitution par la voie de la démission forcée d’un Président de la République réélu à plus de 67%, on aurait dû laisser l’arbitrage au peuple souverain par le processus constitutionnel de l’article 41 alinéa 1 : «Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement, pendant la durée des sessions ou sur proposition de l’Assemblée Nationale, après avis de la Cour Constitutionnelle publié au Journal Officiel, peut soumettre au Référendum toute question d’intérêt national, tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, comportant approbation d’un accord d’union ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions».

Si ce peuple souverain qui l’avait réélu triomphalement lui retirait sa confiance, alors la démission lui sera imposée par la morale et l’éthique. Le Mali en sortirait grandi et la démocratie à travers cet exemple brillerait en Afrique. C’est ce qu’on appellerait le Salut Public.

Il faut former le peuple pour la démocratie sinon, la démocratie non comprise, assimilée à la chienlit, est plus dangereuse que la dictature. Elle (la démocratie) s’efface et cède la place à la haine et à la férocité humaine.

Rappelons-nous que le père de la démocratie occidentale « PLATON » a fui Athènes pour aller à Syracuse et se mettre sous la protection de Denys le TYRAN.

De l’antiquité à nos jours, cela demeure une vérité. Les Maliens ne contesteront pas cette vérité.

Le temps use le mensonge et polit la vérité

Somita KEITA  Dravela rue 364 Porte n°150, email : [email protected]

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