Loi posthume Katio portant sur le statut général des militaires : La prime à la mort pour les sacrifiés du régime

A l’issue du constat d’échec à mi-parcours de la loi de programmation militaire dans notre pays, le régime expérimente un nouveau concept à travers une ordonnance sur le statut général des militaires qui met l’accent sur les morts.
L’un des objectifs de cette nouvelle reforme de notre armée, était de se doter d’ici l’horizon 2019, d’une organisation et d’un plan d’équipement, de disposer d’un outil de défense adapté aux besoins de sécurité, et capable en toutes circonstances de défendre l’intégrité du territoire national tout en contribuant à la consolidation de la démocratie. Deux ans après l’adoption de la loi d’orientation et de programmation militaire (Mai 2015), force de constater que les choses se dégradent de jours en jours. L’hécatombe au sein de nos forces armées s’accentue d’heure en heure. L’équipement tant promis se fait toujours attendre malgré l’urgence. L’argent du contribuable est jeté par la fenêtre à travers l’achat d’avion de commandement et de transports qui ne sont d’aucune utilité sur le théâtre des opérations. A défaut d’admettre publiquement l’échec à mi-parcours de ce projet politique qui allait coûter à terme sur une période de 5 ans, la somme de 1230 Milliards de FCFA, le régime joue à la diversion à travers la loi posthume Katio.
Le tristement désormais célèbre ordonnance adoptée le jeudi 18 Mai 2017 en plénière à l’assemblée nationale est un aveu d’impuissance de la part du régime. Pourquoi avoir sorti aujourd’hui un texte qui a été déposé depuis le 28 septembre 2016 ? Il s’agit ni plus ni moins qu’une volonté manifeste de détourner l’attention du peuple sur les morts évitables de nos soldats.
Après les médailles à titre posthume largement décriées par l’opinion, Katio national innove tristement avec l’argent et les grades à titre posthume. Incitation à la mort ou achat de la dignité des parents des militaires sacrifiés ? A tous les coups, la loi funeste Katio suscite des débats au sein de l’opinion nationale. Pour les uns, ces nouvelles mesures sont de l’insulte à la mémoire de nos soldats tombés sur le champ de l’honneur. Pour les autres, c’est tout simplement le dernier round d’un régime à bout de souffle. Pourquoi se battre pour le confort de la postérité des soldats pendant qu’il est possible de sauver leur vie avec les mêmes moyens ? Veut-il nous faire croire que nos soldats préfèrent de l’argent à titre posthume que des armes qui sauveront leur vie ? A défaut d’édifier le peuple sur ces questions, d’ors et déjà, la manœuvre politique du pouvoir est vouée à l’échec. Quelle sera la réaction des miliaires en dehors de la hiérarchie dont la voix ne porte plus ?
A défaut du sein de sa maman, l’on tête aisément celui de sa grand-mère. Ce dicton est-il compatible avec un secteur aussi sensible que l’armée ? Pour Karim Keita et son père, la réponse est visiblement oui. Le ridicule est devenu un vain mot dans le Mali d’aujourd’hui. Se substituant au chef suprême des armées, au Ministre de la défense et au chef d’Etat-major, le fils du président de la république et non moins président de la commission défense de l’assemblée nationale se donne des libertés qui commencent à irriter les Maliens. A la place des avions de combats, Karim mise gros sur la mort des soldats. Pour les observateurs, cette nouvelle disposition unique en Afrique est un aveu d’impuissance d’un régime qui prépare l’opinion à des morts chez nos militaires. Pour les parents des militaires, cette mesure ne saurait être la bienvenue, sauf si Karim accepte d’aller au front dans les mêmes conditions.
Partout et nul part, Katio est devenu encombrant pour son père et irritant pour la hiérarchie militaire. Si toutes les conditions étaient réunies pour nos Famas, la loi posthume Katio allait être la bienvenue. Malheureusement, cette mesure tardive et inopportune n’est ni plus ni moins que l’officialisation de la prime à l’abattoir. A défaut d’empêcher la mort de nos soldats, le fiston national expérimente une manœuvre de diversion à travers cette ordonnance très généreuse. En déphasage total avec les aspirations des Maliens, Katio tente d’acheter la conscience des parents de nos soldats après celui des jeunes de la commune II.
En substance une partie de cette mesure ridicule prévoit que chaque militaire décédé sur le front est promu au grade supérieur et reçoit dans un délai de 3 mois, l’équivalent de 10 ans de salaire comme capital décès sans compter les autres avantages.
Quand ont sacrifie les soldats vivants, c’est donc logique qu’on transforme les morts en héros, a fulminé un militaire à la retraite juste après l’annonce de la loi posthume par Katio à la télé. Nous reviendrons dans nos prochaines parutions sur l’intégralité de notre entretien avec ce militaire à la retraite qui ne mâche pas ses mots.
Dans les pays ou le respect de la dignité humaine est de rigueur, cette loi serait assimilable à une trahison en temps de guerre. Aujourd’hui, le peuple malien ne veut plus de mort parmi nos militaires. Est-ce difficile à comprendre pour le président IBK et son fils ? Karim ignore-t-il que la vie d’une personne, de surcroit un militaire n’a pas de prix ? Pour les observateurs, cette loi posthume Katio est une insulte pour le peuple, plus encore pour les famas. Dans l’attente de meilleures conditions pour rivaliser avec l’ennemi, l’armée malienne reçoit une prime à la mort. Quel mépris ?
Nous y reviendrons !
Lamine Diallo
Source : L’Espion

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