Lutte contre l’enrichissement illicite au Mali : Les responsables de la Syntade en panne d’inspiration

Le Syndicat National des Travailleurs de l’Administration demande au gouvernement d’abroger purement et simplement la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. Curieuse réaction d’un syndicat !
Dans une lettre ouverte en date du 16 juillet 2017 envoyée au Premier ministre, Chef du gouvernement, le premier responsable du Syndicat national des travailleurs de l’Administration, non moins Secrétaire général de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé, développe un argumentaire contre la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite, laquelle a donné naissance à l’Office Central de lutte contre l’enrichissement illicite dont les membres sont déjà à pied d’œuvre. Les responsables du Syntade qualifient ce texte de loi égoïste. Selon eux, elle est déséquilibrée parce que ne frappant pas certains agents de la profession libérale comme les commerçants. Ainsi, ils invitent le gouvernement à abroger purement et simplement cette loi et appellent à l’enterrement de l’office central de lutte contre l’enrichissement illicite. Curieuse réaction d’un syndicat dont les responsables sont en panne d’inspiration. Le rôle d’un syndicat n’est pas de s’insurger contre une disposition législative qui vise à lutter contre la corruption, donc à moraliser la vie publique. Par contre un syndicat est bien dans son rôle de demander une augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail pour ses membres. La lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite doit être l’un des chevaux de bataille des syndicalistes. Et pour cause ! En 2006, le rapport du Vérificateur Général a fait ressortir 103 milliards FCFA de pertes financières subies par l’Etat. « Un manque à gagner pour le Trésor Public, causé essentiellement par les libertés prises avec les normes et règles de la comptabilité publique », précise le rapport. Avec une telle somme, a souligné le Vérificateur général de l’époque, Sidi Sosso Diarra, le Gouvernement de la République pouvait procéder à une augmentation du salaire des fonctionnaires à hauteur de 60%.
Au moment où le Syntade accule le gouvernement, l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite invite les autorités publiques, élus et hauts fonctionnaires, chargés de la gestion des deniers publics, à déclarer la situation de leurs biens. « En application de la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite, les autorités publiques, élus et hauts fonctionnaires, chargés de la gestion des deniers publics, doivent déclarer la situation de leurs biens avant le 31 août 2017 », affirme l’Office présidée par le magistrat Moumouni Guindo.
Le gouvernement ne peut plus reculer, quelle que soit la pression des syndicalistes. Sinon, les partenaires et amis du Mali pourront en conclure que tout le monde a le pantalon troué dans ce pays. Ce qui est loi de la réalité.
Chiaka Doumbia
Source: Le Challenger

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