Lutte contre les VBG : Le MPFEF et ses partenaires outillent une trentaine de journalistes…

Du 30 mars au 2 avril 2020, le ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille et de la famille (MPFEF), à travers le Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre, a outillé une trentaine d’hommes de media sur ces formes de violences, l’excision, le mariage d’enfant et la santé de la reproduction, avec un appui financier du Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP).

Au cours de cette session tenue dans les locaux de la Maison de la femme et de l’enfant, un accent particulier a été mis sur l’excision qui demeure toujours une dure réalité au Mali, le mariage des enfants surtout en milieu rural, la planification familiale et les violences conjugales.

Ainsi, durant quatre jours, journalistes et communicateurs ont largement discuté des problématiques sociétales, culturelles, religieuses, juridiques et socioprofessionnelles liées aux violences basées sur le genre au Mali. Cela, conformément à l’objectif de l’atelier qui est de contribuer à l’abandon de ces formes de violences, en informant les hommes de média sur leur ampleur, leurs méfaits et de les amener à s’engager pour la diffusion des messages.

Présidant les travaux d’ouverture, le Secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Chiaka Magassa, a rappelé que la problématique des VBG mobilise depuis plusieurs années les structures étatiques, les organisations de la société civile, les PTF et les populations. De ce fait, a –t-il souligné :« 45% des femmes de 15 à 49 ans ont subi des actes physiques ou sexuels. La moitié des femmes (49%) de 15 à 49 ans, en union ou en rupture d’union, ont subi à n‘importe quel moment, des actes de violences émotionnelles. Le taux de prévalence nationale de l’excision a atteint 89% chez les femmes de 15 à 49 ans, et 73% chez les filles de 0 à 14 ans. 53% des femmes ont été mariées avant 18 ans et 18% avant leur quinzième année, selon les résultats de l’enquête démographique et de santé (EDS VI) de 2018 ». «Les conséquences sanitaires, psychosociales, juridiques et économiques liées à ces violences sont encore sur le garçon, la fille, l’homme, la femme et la famille.

En réponse aux VBG, dira M. Magassa, le gouvernement a adopté plusieurs mesures législatives, réglementaires et ratifié plusieurs instruments internationaux et régionaux, relatifs aux droits de la femme de l’enfant, de l’égalité entre les hommes et les femmes.

La formation a été marquée par plusieurs communications animées par Mme Keita Fadima Tall et son équipe pour répondre aux préoccupations et besoins des communicateurs afin de véhiculer l’information fidèle et utile aux populations.

Saliki Coulibaly, dans son exposé, a fait savoir que 94% des filles de 0 à14 ans et 89% des femmes de 15 à 49 ans ont été excisées par des exciseuses traditionnelles selon EDSM VI de 2018. Il a mis également l’accent sur les conséquences médicales qui sont entre autres: l’hémorragie pouvant conduire à des pertes de connaissance totale ou à la mort, la douleur très atroce due à l’absence d’anesthésie, le choc, les risques de contamination aux IST, VIH et SIDA, l’hépatite B, le tétanos transmis par voie sanguine, les fistules en cas d’accouchement non supervisé (expulsion prolongée, règles et maux de ventre douloureux, douleurs pendant les relations sexuelles dues à la cicatrisation, kystes très douloureux empêchant les rapports sexuels, hématocolpos ou accumulation du sang des règles consécutive à l’infibulation.

A l’issue de l’atelier, la porte-parole des participants, Assétou Diarra, a salué l’initiative du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, ainsi que l’expertise des modérateurs et des personnes-ressources. « Nous avons reçu des informations cruciales et chiffrées pouvant nous édifier dans nos rédactions quant à la prévention, la pratique et l’éradication des VBG au Mali et aussi dans la sous-région ouest-africaine. Très enrichissants étaient les partages et échanges d’expériences entre les différents participants qui sont tous les jours sur le terrain auprès des populations», a-t-elle souligné.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations comme l’octroi des bourses pour des reportages vidéo, audio, dessins animés et articles écrits (surtout en milieu rural où est concentrée la majorité de la population malienne), sur des thématiques sensibles liées aux VBG au Mali, la mise en place d’un noyau de journalistes dynamiques reconnus par le département et le programme, l’organisation des ateliers d’information à l’endroit des Directeurs de publication et rédacteurs en chef pour les encourager à publier les thématiques liées aux VBG au Mali, l’accentuation des communications auprès des acteurs-clés, notamment les leaders religieux et coutumiers, les parents, les jeunes, les femmes et les hommes afin d’influencer positivement l’opinion.

Bintou Diarra

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