Mahamoudou Sall, 1er adjoint au Maire de Goundam : « La mairie n’a ménagé aucun effort afin de donner plus de visibilité à la commune urbaine de Goundam »

Mahamoudou Sall est le premier adjoint au maire de la commune urbaine de Goundam depuis 2004. Cet homme de grande conviction, un exemple à suivre, évoque les réalisations durant la décennie de gestion de la mairie, sous la houlette de Mme Seck Oumou Sall. Aussi, Mahamoudou Sall ne passe pas sous silence les contraintes liées à l’exercice de ses fonctions, les conditions de vie des populations, la situation sécuritaire et les élections communales.
Quelles sont les réalisations des autorités communales au cours des dix dernières années au profit des habitants de la commune urbaine de Goundam ?
Durant cette décennie de gestion, la mairie avec à sa tête Mme Seck Oumou Sall, n’a ménagé aucun effort afin de donner plus de visibilité à la commune urbaine de Goundam. Parmi les réalisations, on note d’abord la réfection de la digue de protection des cultures à l’aide d’une pelle mécanique durant un mois ; la construction et la clôture du centre de santé communautaire (Cscom) central avec des logements pour le médecin et la sage-femme ; celle d’un 2ème Cscom ; la construction d’un centre multifonctionnel des femmes sur fonds de l’Etat avec un appui financier danois. L’usage du centre est gratuit pour toutes les activités des femmes. Il y a également la construction du jardin d’enfants et de trois salles de classe. La place de l’indépendance a été rénovée et dotée d’une tribune. La construction du terrain de basket avec gradins (je suis moi-même ancien basketteur). A cela s’ajoute la réhabilitation de l’ancienne résidence du Préfet en musée (une propriété commune) ; celle du centre multifonctionnel des femmes par la Minusma et son équipement par la commune (sur fonds propres) ; et la réalisation d’un hangar métallique pour la lecture du coran pendant le Maouloud.
Entre autres réalisations, on note aussi la construction de la fourrière municipale ; la réalisation d’un périmètre maraîcher de 2ha pour les femmes avec forage équipé de panneaux solaires et un puits à grand diamètre. Egalement, le lotissement de 50 ha payés avec l’Etat ; la construction de l’unité d’appui aux laitières (UA Lait) pour les éleveurs de la commune de Goundam sur financement de UNSO Tonka ; la construction de la clôture de l’école A.A. Diallo de Haribanda sur financement de la Satom et celle de l’école I.S.Touré (école I) sur financement de l’Assemblée Régionale de Tombouctou, ainsi que la réhabilitation par la Croix Rouge de trois salles de classe à l’école A.A. Touré (Ecole V).
La réalisation d’un rond-point et un appui permanent à l’adduction d’eau ainsi que l’extension de l’éclairage public à travers la ville (sur demande de Mme le maire à l’ancien Président ATT), et celle de l’adduction d’eau dans les quartiers périphériques et dans le lotissement des 50 ha. La construction de 20 logements sociaux sur la demande de Mme le maire à l’ancien Président ATT. La mairie a fourni du matériel de travail aux pêcheurs. Des femmes ont été formées en savonnerie, teinture, transformation agro-alimentaire, embouche ovine, aviculture, coupe et couture.
Aujourd’hui, sur sollicitation de Mme le maire de Goundam auprès du PNUD, la nouvelle mairie de Goundam est en construction et les travaux sont très avancés. Nous avons demandé et obtenu de la Satom, la réalisation d’une bretelle de goudron sur le tronçon de route qui passe par le second cycle Youba Kary Sidibé et le centre des femmes et qui va croiser le goudron du tronçon allant vers Tombouctou derrière la gendarmerie.

Peut-on avoir une idée sur les contraintes liées à l’exercice de la fonction ?
D’abord, il y a l’enclavement de la commune. L’assèchement de son principal lac (le Télé) dû à l’ensablement de son chenal d’alimentation diminue les surfaces cultivables. Sur 10 000ha, 3000 ha seulement sont exploitables selon la crue. Ce phénomène joue beaucoup sur l’élevage et la pêche qui constituent avec l’agriculture les moteurs du développement du Cercle. L’insécurité constitue aussi une contrainte majeure car les services financiers se sont repliés sur Bamako entravant du coup le paiement des taxes de développement.

Quels sont les partenaires vous accompagnant dans vos actions ?
Notre premier partenaire est l’Etat à travers l’ANICT. On peut aussi citer entre autres, le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), la Satom, Santé Sud, Alima, la Croix rouge, le HCR, CECI/OFDA, la Minusma, Région Rhône Alpes, Lux Développement, Ecole du Sahara, OIM, Enda Mali, l’AMSS, Ex Agro Action Allemande, Plan Mali, PACT-GTZ. Je présente toutes mes excuses à ceux qui n’ont pas cités ici par défaut d’oubli.

Quelle est la situation sécuritaire dans votre commune ?
Avec la présence de l’armée malienne et de la MINUSMA, notre commune connaît un calme relatif qui appelle à une grande vigilance.

Qu’en est-il des conditions de vie des populations, de la situation des réfugiés et du retour des déplacés dans votre commune ?
Les conditions de vie de nos populations sont relativement difficiles selon les moyens de subsistance dont elles disposent. Ce phénomène est lié aux différentes contraintes notamment l’assèchement du lac Télé et l’insécurité. La commune de Goundam en tant que telle n’a pas de refugiés. Pendant la crise, nos populations se sont massivement déplacées vers le sud du pays : Mopti, Ségou, Bamako, Sikasso, etc. Aujourd’hui, elles sont toutes de retour à Goundam. Du fait de l’insécurité dans le cercle, notre commune a enregistré plus de 7000 déplacés internes venant des communes de Bintagoungou et du Faguibine nord (Tin-Aicha et Essakane).

Que pensez-vous de l’organisation des élections communales ?
C’est bien possible. Nous croyons beaucoup en sa tenue car nous croyons en l’engagement de notre gouvernement, de la communauté internationale auprès de nos autorités, en l’engagement des groupes armés à faciliter la tâche et en l’engagement de toute la population malienne. L’Etat doit prendre les dispositions nécessaires pour la sécurisation des bureaux de vote à travers le pays tout entier.
Les groupes armés doivent accepter d’accompagner l’Etat pour la tenue des élections. Ce sera un pas de géant franchi dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

Entretien réalisé
par A. M. Bangou dit Ecrivain

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