Majorité présidentielle : Le temps des incertitudes

C’est actuellement le temps des observations dans les états-majors politiques, en attendant le début des grandes manœuvres dans la perspective des élections de 2018. Sauf un tremblement de terre de dernière minute, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, est candidat à sa propre succession. Si l’homme préfère s’en remettre à la volonté divine à chaque fois que la question lui est posée, il n’en demeure pas moins que les communicants du palais sont à la manœuvre. Les moindres actes du Chef de l’Etat sont scrutés par les alliés afin de mieux se positionner sur la bonne trajectoire. A l’image de l’ADEMA-Pasj où certains militants pressent le comité exécutif de choisir son propre candidat, de nombreux alliés du Chef de l’Etat qui l’avaient soutenu en 2013 sont dans l’expectative. La Convergence pour le Développement du Mali (Codem) du ministre des sports Housseini Amion Guindo refuse de trancher la question. Le Congrès national d’initiative démocratique (CNID-FYT) de Me Mountaga Tall et le Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR) de Dr Choguel Kokalla Maïga, qui s’étaient donné une certaine liberté de ton lors du débat sur la révision constitutionnelle, optent pour le silence.
L’ex-Président de l’UM-RDA et ancien ministre, Moussa Bocar Diarra, a pris fait et cause pour le candidat indépendant, Hammadoun Touré, en créant un mouvement. L’ancien Premier ministre Moussa Mara ne fait plus mystère de sa volonté de briquer la magistrature suprême. Il est en train de fédérer les forces au sein d’un vaste mouvement dont le seul objectif est de le propulser à la tête de l’Etat.
La Convention de la Majorité Présidentielle, à l’état actuel, n’est pas un instrument puissant sur lequel le Président IBK peut s’appuyer pour aller à la reconquête de son trône. Aussi, le Rassemblement pour le Mali (RPM) est quasiment en panne et peut difficilement servir de force autour de laquelle les partis alliés vont se regrouper dans la perspective des élections de 2018. Les luttes de clan et les divergences de vue neutralisent les tisserands et les rendent inoffensifs. Ce clivage dans la grande famille des tisserands est accentué ces temps-ci, par les rumeurs les plus folles concernant l’avenir politique de certains barons. Lesquels devraient naturellement porter des munitions pour aller à la chasse au compte du Président Kéïta qui ne dispose pas d’un bilan élogieux, à la différence du Président Amadou Toumani Touré en 2007, dont les actions avaient séduit l’opinion et une frange importante de la classe politique.
2013 n’est pas 2018. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Bamako. C’est le temps des incertitudes au sein de la majorité présidentielle. Les alliés doivent-ils renoncer à leurs candidatures au profit de celle du Président de la République comme ce fut le cas d’ATT en 2007 ? Faut-il laisser la liberté à chacun de se présenter au 1er tour ? Que va-t-il se passer si le Président IBK n’était pas candidat pour une raison ou une autre ?
Selon le journal français L’express, le Président IBK détient au sud du Sahara la « recette du singulier cocktail » de « marier la grandiloquence gaullienne, la duplicité tacticienne d’un François Mitterrand au zénith et la bonhomie vacharde d’un Edgar Faure ».
C.D
Source: Le Challenger

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *