Maroc- Union Européenne : Une explosion migratoire

En quelques jours, plus de 800 immigrants subsahariens ont réussi à franchir les barbelés devenus très perméables. A l’origine de cette explosion migratoire, la remise en cause d’un accord agricole entre le Maroc et l’Union Européenne par la justice.

Depuis quelques jours, les barbelés qui séparent le Maroc des enclaves espagnols de Ceuta et Melilla, sont devenus perméables aux immigrants subsahariens. Ainsi, ils sont plus de 800 à franchir les doubles barrières grillagées pour se retrouver sur le territoire espagnol. Une explosion migratoire qui ne manquera pas de susciter des remous en Europe en général et en Espagne en particulier. Depuis 2005, c’est la première fois qu’un nombre aussi important de migrants parviennent à franchir les doubles barrières grillagées rehaussées à six mètres de haut et équipées de barbelés tranchants de Ceuta et Melilla.

Rabat avait brandi la menace d’une explosion migratoire  à ses frontières si le blocage se poursuit dans l’application de l’accord agricole. Ainsi, le gouvernement marocain veut se servir des migrants bloqués depuis plusieurs années sur son territoire comme moyen de pression sur l’Union Européenne. On est tenté de conclure que les immigrants servent à l’Etat marocain d’instrument de chantage afin d’amener l’UE à reconsidérer sa position. Cette situation presque de désaccord, permet à certains candidats à l’immigration clandestine de réaliser leur rêve de fouler le sol européen à la recherche de l’eldorado. Dans la forêt Gourougou, dans la région de Nadors, démantelée en 2015 par la police marocaine, ils étaient de nombreux immigrants subsahariens à vivre dans des conditions à la limite inhumaines.

La régularisation de 20 000 migrants subsahariens sur l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohamed VI avait été perçue comme le signe d’une réelle volonté du souverain d’offrir des conditions acceptables à ses frères à la recherche d’un meilleur cadre de vie.

Le Maroc et l’UE travaillent depuis plusieurs années pour le contrôle du flux migratoire. Pour permettre au royaume chérifien de jouer son rôle de gendarme en matière de contrôle de l’immigration, Bruxelles verse plusieurs millions d’Euros par an.

Selon de nombreux observateurs et surtout spécialistes du phénomène migratoire, ce récent déferlement ne vise pas à faire plaisir aux immigrants subsahariens mais plutôt à servir les intérêts économiques du Maroc.

 Chiaka DOUMBIA

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