Massa Sidibé : Un roi du ring abandonné

Il abandonne l’école pour la boxe et devient champion du Mali dans sa catégorie pendant neuf ans. Faute de soutien, l’enfant adoptif de Baladji Cissé finit par abandonner aussi le ring. Rêve brisé d’un Mohamed Ali naissant.

Champion de boxe en poids léger, puis en super-léger (64 kg) du Mali, de 1984 à 1995, Massa Sidibé n’a jamais trahi son prénom qui signifie le «Roi». Ce natif de Bougouni a été encadré par l’emblématique Baladji Cissé, entraîneur de Sounkalo Bakayoko. Massa a passé sacarrière au club de boxe de l’AS-Réal de Bamako, y détenant le record de champion neuf années de suite.

Fort de son rêve de devenir le Mohamed Ali malien, il a représenté le Mali plusieurs fois à l’extérieur dans sa catégorie, notamment aux Jeux Africains en Egypte, en 1991. Il retourne bredouille avec une médaille de participation, faute de soutien moral et financier.En 1995, le champion du Banimonotié a vu sa carrière brisée quand son manager français, Michel Boivin, a voulu l’expatrier à l’Hexagone sans contrat.

Malheureusement, il n’obtiendra pas de visa. La Fédération malienne de boxe n’a pas suivi avec intérêt les procédures administratives. Massa devait représenter le pays aux 6èmes Jeux Africains.  «Je n’ai pas eu de soutien. Pas de prime de match. On joue seulement pour avoir un contrat.Et je n’ai pas non plus accepté de participerà cette édition. En 1992, le Mali a annulé notre participation aux Jeux Olympiques de Barcelone à la veille du départ sous prétexte qu’il n’y avait pas de moyens», explique le pugiliste en détresse.

Le Roi du ring ne sera plus un Mohamed Ali. «Massa était un vrai puncheur. Sa droite était synonyme de KO», a témoigné un jour, le célèbre Bogolan.

Cet homme de ring de 54 ans est marié et père de trois enfants. Il vit des fruits de son petit magasin de céréales. «Massa avait les atouts pour être champion d’Afrique. Il a abandonné l’école pour la boxe. Par faute de soutien de nos autorités, beaucoup de Massa sont tombés dans la désuétude», regrette son ami, Mamadou Sosso Camara.

Ce n’est jamais fini, le roi du ring a créé le club de fortune,l’AS Bombardier de Sabalibougou en 2019, en hommage à Mohamed Ali. A défaut de l’être, Massa espère voir l’un de ses poulains emboîter le pas au «Bombardier de Harlem».

Makan Fofana

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