Mme Diallo Marie Traoré, Présidente de l’OICM : Une amazone toujours en première ligne

A 53 ans, Mme Diallo Marie Traoré est, depuis le 25 mars dernier, la première femme à présider l’Ordre des Ingénieurs-Conseils du Mali (OICM). Une reconnaissance de l’engagement et du combat de cette amazone qui a réussi à se frayer un chemin dans un milieu essentiellement masculin. Elle nourrit de grandes ambitions pour donner de l’envergure à cet ordre professionnel. 

L’Assemblée générale de l’Ordre des Ingénieurs-Conseils du Mali (OICM) tenue le 25 mars dernier à Maeva Palace de Bamako a élu Mme DIALLO Marie TRAORE à la présidence de cet Ordre. Par 71 voix contre 61, les délégués ont préféré Mme DIALLO à son challenger Arboncana Maïga. Elle a pris fonction le 30 mars dernier au siège de l’Ordre au cours d’une cérémonie modeste en présence du Président sortant Boubacar Sissao et des membres de son équipe.  Depuis la création de cet Ordre, c’est la première fois qu’une femme accède à la présidence. Une très grande marque de confiance mais surtout une reconnaissance de l’engagement et du combat d’une amazone qui a réussi à se frayer un chemin sur un terrain essentiellement masculin.

Audacieuse et déterminée…..

Diplômée de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Bamako (ENI) Option Travaux Publics, Mme Diallo Marie Traoré est également titulaire de deux diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) en Management des Affaires Internationales et Management de l’entretien routier. Fille d’un Ingénieur, la nouvelle présidente de l’OICM a appris à se battre très tôt. Elle effectue ses premiers pas dans le Bureau d’Etudes Topo Siraba, créé par son père. Par la suite, la jeune ingénieure des travaux publics devient la Directrice Administrative et Financière de GID-SA.

Avec la création des différents ordres professionnels, Mme DIALLO Marie TRAORE s’installe à son propre compte en créant le Bureau d’Etudes Siraba Enginering SARL. Ce qui dénote de l’audace et d’une très grande détermination pour une femme aujourd’hui citée comme une référence au Mali et ailleurs. Le Bureau d’Etudes Siraba Enginering SARL s’occupe entre autres des travaux d’ingénierie dans les domaines du Génie Civil, du Génie Rural, des Etudes Techniques, du Contrôle et de la Surveillance des travaux dans les domaines cités. « J’adore relever les défis. Il faut oser souvent », nous lance Mme DIALLO Marie TRAORE.

Méthodique et dotée d’un sens élevé de l’organisation, elle est pragmatique et se singularise par son franc-parler. Rigoureuse et très attachée aux vertus du travail bien fait, cette habituée des terrains difficiles semble être à l’aise aussi bien sur ses chantiers que dans son bureau.  Parmi de nombreux travaux qu’elle a bien coordonnés et suivis avec une main d’experte, on peut citer entre autres les travaux de construction de l’institut nationale de formation en Science de la Santé (INFSS), les travaux d’entretien d’urgence de certains axes routiers dans le district de Bamako Lot 2 : Rive gauche Exercice 2015 AGEROUTE, les travaux d’entretien courant des routes dans la région de Koulikoro Lot 4 (SR Koulikoro au titre du 1er semestre-Exercice 2013 AGEROUTE), les travaux de construction du centre de santé de référence de Youwarou et les travaux de construction de l’hôpital de Mopti à Sevaré, AGETIER MALI.

« Je me bats comme une diablesse pour survivre. Ce n’est pas évident pour une femme mais quand on veut on peut », explique-t-elle. Les femmes sont-elles victimes de discrimination dans ce milieu ? Pas de discrimination, répond Mme DIALLO Marie TRAORE en ajoutant que « les gens sont juste habitués à voir des hommes ». Selon elle, il faut être courageux pour tirer son épingle du jeu. « Pour une femme, il y a souvent des jours de découragement», avance-t-elle.

«Mon père et mon mari m’ont soutenue »

Elle ne perd pas de vue que les rares femmes qui exercent dans ce milieu essentiellement dominé par les hommes peuvent faire l’objet de certains clichés. « Si vous tombez sur un compagnon qui comprend, c’est  facile mais si vous n’êtes pas bien accompagné depuis la famille, c’est plus difficile », souligne Mme DIALLO. Même si elle est parvenue à concilier sa vie  familiale et professionnelle, Mme DIALLO Marie TRAORE estime qu’il est difficile de se partager entre les chantiers, le bureau et le ménage. Pour l’épanouissement de ses activités d’ingénieur-conseil, la présidente de l’OICM a bénéficié de deux soutiens de taille en l’occurrence celui de son père et son mari. « Mon père et mon mari m’ont toujours soutenue dans chacune de mes entreprises. J’ai toujours été soutenue par ma famille. Il y a beaucoup de compréhension autour de moi », se réjouit-elle.

A la question de savoir quelle est sa vision pour l’Ordre, la présidente prend quelques minutes de réflexion avant de lancer : « mon équipe et moi voulons que l’Ordre soit plus visible sur la scène nationale et internationale. Il y a beaucoup de personnes qui n’appréhendent pas le rôle de l’Ordre dans le développement de notre pays. On veut donner une nouvelle vision à l’Ordre», souligne-t-elle en mettant en avant ses bonnes relations avec l’ensemble des membres de l’Ordre. « Je m’entends avec tout le monde», précise Mme DIALLO.

Cependant, quelques actions lui tiennent à cœur :

Primo : donner une meilleure visibilité et améliorer les conditions de vie des membres de l’Ordre. Mme DIALLO Marie TRAORE est frappée par les conditions difficiles dans lesquelles de nombreux membres de l’ordre exercent leur profession. « Ce n’est pas facile pour tout le monde. Les ¾ de nos membres tirent le diable par la queue », lance-t-elle. Selon  elle, il s’agit de faire en sorte que tous les membres puissent vivre décemment de leur travail. « On veut donner la chance à tout le monde de faire ce qu’il peut faire. Quand on vous donne la chance, il faut prouver votre capacité à relever le défi», affirme-t-elle. Le rôle de l’Ordre est de donner la chance à tout le monde.

Secundo : Faire voter dans les meilleurs délais, la nouvelle loi régissant la profession d’ingénieurs-conseils qui doit passer à l’Assemblée Nationale cette année.

Tertio : organiser  la conférence du Groupe Africain des Associations Membres (GAMA) de la Fédération Internationale des Ingénieurs-conseils (FIDIC) en 2018 à Bamako.

Quarto : rechercher un financement pour le projet de construction du siège de l’OICM entre autres.

 Chiaka Doumbia

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