Mois de Ramadan : Depuis sa cellule de Sélingué, Sanogo distribue du sucre à des notabilités

Manifestement l’ancien chef de junte putschiste, Amadou Haya Sanogo, n’est pas un détenu comme les autres. Les rumeurs de la grande liberté dont il jouit en prison sont pour le moins corroborés par les indices de privilèges rares chez les citoyens de même rang. A en croire nos confidences, en tout cas, la générosité de l’ex N°1 du Cnrdre n’a été nullement affectée par les épreuves de la détention. Et pour cause, cette année comme les précédents Ramadan, il n’a pas dérogé à la règle d’entretenir ses connexions par la manifestation d’une solidarité à leur endroit. Il se serait ainsi illustré par la distribution de quantité de sucre aux notabilités, aux mosquées et autorités religieuses ainsi qu’à ses différents soutiens de la ville-caserne de Kati où il demeure encore adulé dans certains milieux comme si c’était hier le putsch. Les mêmes sources rapportent qu’Amadou Haya Sanogo a déboursé pour la campagne de Ramadan 2017 une bagatelle de pas moins de 50 millions F CFA. De quoi s’interroger logiquement sur les origines de la fortune qui lui permet de s’autoriser une telle générosité. L’ancien homme fort du Camp Soundjata, on le sait, s’est spectaculairement enrichi tant par les présents et autres largesses que faisaient pleuvoir sur lui les commerçants opportunistes que par la trouille qu’il semée chez nombre de comptables publics véreux ou fébrile. Mais de là à dépenser sans compter, il y a toute une mer à boire qui fait penser à beaucoup que l’illustre détenu jouit dans les faits d’un traitement d’ancien chef d’Etat, le statut qu’il avait presqu’acquis et que les chefs d’Etat de la sous-région lui ont contesté lors de la transition. Vrai ou faux ? En tout cas, des signes intrigants corroborent ces présomptions. Malgré sa détention pour des faits graves comme la complicité d’assassinat, le portrait d’Amadou Haya Sanogo continue de s’afficher en héros sur les murs du Prytanée de Kati. Le risque d’en faire une fierté et un repère pour une certaine génération d’apprenants de l’armée a l’air de n’émouvoir aucune autorité.

A KEITA
Source: Le Témoin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *