Moulaye Coulibaly, Directeur national du patrimoine culturel: «La Fondation ALIPH n’a mis aucun fonds à notre disposition»

La réhabilitation du tombeau des Askia a été lancée le 10 mars à Gao par le ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo. Pour plus de précisions sur cet important projet, nous avons posé trois questions au Directeur national du patrimoine culturel, Moulaye Coulibaly. 

M.Le Directeur, si l’on vous demandait de parler en quelques mots du Projet de

Le Projet de réhabilitation du tombeau des Askia, que diriez vous ?

Le projet de réhabilitation du tombeau des Askia est une initiative du ministère de la Culture en partenariat avec la Fondation Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit -ALIPH- en vue de circonscrire les menaces et d’assurer la conservation durable, la gestion efficace et la promotion du tombeau des Askia.

Aujourd’hui, le tombeau des Askia est soumis à plusieurs menaces qui affectent son état. Les piliers et les bois de la toiture sont vétustes et affaiblis par le poids des ans et les crépissages annuels avec des couches de banco alourdissent les bâtiments. Les pluies diluviennes, l’érosion et l’interdiction des travaux de crépissage en 2012 par les groupes armés terroristes ont constitué et demeurent un grand danger pour ce joyau architectural, construit en terre et vieux de plus d’un demi-millénaire. Pour preuve, les sinistres de l’effondrement des piliers en 2006, 2011, 2013 et 2017 ont accéléré la détérioration des éléments architecturaux. Donc, le projet va permettre au patrimoine de recouvrer ses valeurs et sa splendeur d’antan.

Pourquoi le choix de Gao ?

Le choix de Gao pour le lancement du projet était une évidence, car il était impensable, pour Madame le ministre, de tenir une cérémonie de lancement du Projet de réhabilitation du tombeau des Askia dans un autre cadre en dehors de la ville de Gao. C’est pourquoi d’ailleurs, après le lancement, Madame le ministre a instruit d’organiser un point de presse et une réunion d’échanges entre les services techniques de son département, la Fondation ALIPH et les acteurs intervenant dans le domaine de la culture et du patrimoine sur le projet.

Vous venez de le rappeler : le projet est lancé. Le fonds est-il déjà alloué par la Fondation ?

Merci pour cette question car je pense qu’il y a lieu d’éclaircir ce point. Ce qui a été fait à Gao, c’était juste la cérémonie de lancement et non le démarrage du projet en tant que tel. Il faut savoir que les activités de lancement du projet ont été entièrement financées par le ministère de la Culture. A ce jour, aucun fonds de la Fondation ALIPH n’a été mis à la disposition du ministère de la Culture pour l’exécution du projet.

Les quelques activités réalisées, pour le moment, avec la Fondation ALIPH, sont d’ordre administratif et institutionnel. Il s’agit, entre autres, de la signature d’un protocole d’entente entre le ministère et ALIPH, le 19 décembre 2019 et d’une Convention de subvention entre ALIPH et la Direction Nationale du Patrimoine Culturel (DNPC), le 9 janvier 2020. Aussi, un Comité de pilotage du Projet, composé des représentants du ministère de la Culture, d’ALIPH, du Bureau de l’UNESCO à Bamako, de la MINUSMA, de CRATERRE et des communautés bénéficiaires, a été créé par Décision n°2020-000027/MC-SG du 22 janvier 2020.

Propos recueillis par Bintou Diarra

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