Projet de révision constitutionnelle : L’incompréhensible silence du Barreau

Jadis à l’avant-garde de tous les combats pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie, le Barreau du Mali est resté muet comme une carpe sur la révision de la Constitution du 25 février 1992. Un silence incompréhensible qui interpelle le Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Alassane Sangaré.
Le Barreau du Mali est-il devenu aphone ou désintéresse-t-il des questions brûlantes de la nation ? Difficile de répondre par l’affirmatif même s’il est resté dans un silence à la fois incompréhensible et étonnant sur le processus de révision de la Constitution du 25 février 1992. De la lutte pour l’ouverture démocratique à la chute du Général Moussa Traoré, le Barreau sous la houlette de Me Drissa Traoré, a joué un rôle majeur dans l’élaboration et l’adoption de cette Constitution dont la révision divise tant les composantes de la société malienne. Plus de 25 ans après, les débats sur la révision de cette Constitution se posent. Et le Barreau reste silencieux au même moment où les syndicats des magistrats se sont prononcés sur la réforme.
Le Barreau a-t-il perdu son âme ? Un silence coupable ou partisan ? Un silence incompréhensible en tout cas. Quelles sont les raisons de ce silence ? Est-ce parce que le projet est porté et défendu par un ancien bâtonnier ? La Présence de 4 avocats au sein du gouvernement de la République ? Le Bâtonnier Me Alassane Sangaré et les membres du conseil de l’Ordre sont-ils en train de commettre une erreur historique ? Si le Bâtonnier et le conseil de l’Ordre ne s’entendent pas sur une position, pourquoi ne pas convoquer une assemblée générale des avocats comme l’a fait un syndicat des magistrats ?
Le peuple ne demande pas au Bâtonnier Sangaré de prendre position pour ou contre, mais veut que le Barreau s’exprime sur la question. C’est un devoir de génération que le Bâtonnier et les membres du conseil de l’Ordre des avocats doivent assumer. Il fut un temps où les discours de la première femme bâtonnière de l’espace francophone, Me Fanta Sylla, ébranlaient les autorités de la République et servaient de source d’inspiration pour de nombreux jeunes apprenants du Droit.
Chiaka Doumbia

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