Rapport de la Commission d’Enquête Parlementaire sur le désastre de Kidal en mai 2014 : Moussa Mara, Mahamane Touré et Soumeylou Boubèye Maiga sous la menace de poursuites judiciaires

Le rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur les événements survenus en mai 2014 à Kidal a été rendu public, le 13 décembre dernier, lors de la plénière à l’Assemblée Nationale du Mali.
Ce rapport de 68 pages, lu par l’honorable Adama Kane, comprend les écoutes des différents acteurs sur le terrain au moment des événements survenus à Kidal du 17 au 21 mai 2014, mais aussi des premiers responsables notamment, Moussa Mara, ancien Premier ministre, Mahamane Touré, ancien chef d’Etat major, Soumeylou Boubèye Maiga, ancien Ministre de la Défense, Capitaine Mamadou Konikomo, chef d’opération militaire à Kidal, etc. Après les écoutes, la commission a fait une analyse succincte afin de situer des responsabilités avant de faire des recommandations.
Il ressort des écoutes que Moussa Mara, Premier ministre au moment des faits, a été informé par un général de la MINUSMA et un officier supérieur de l’Opération Serval à Kidal de la dangerosité de la situation. Il en est de même au niveau de la hiérarchie militaire, indique le rapport. L’ancien Premier ministre a été bien informé par le capitaine Mamadou Konikomo, chef d’opération militaire à Kidal sur le risque élevé de cette visite à Kidal. Le Ministre de la Défense de l’époque, Soumeylou Boubèye Maiga a déclaré devant les parlementaires avoir informé le Premier ministre de la dangerosité de sa visite à Kidal. Le PM a nié être informé, renseigne le rapport parlementaire. Le document de la commission parlementaire va plus loin en affirmant que la MINUSMA a informé le Premier ministre Moussa Mara de la tenue du congrès à Kidal du MNLA et du HCUA, le jour de sa visite avec la présence de plus 1500 hommes armés dans la ville.
Malgré ces informations, Moussa Mara était déterminé à s’y rendre. Par « son entêtement » et « son insouciance », il est arrivé à Kidal sous une pluie de balles après avoir fait une escale à Gao à bord d’un hélico de la MINUSMA. Une visite qui a tourné au drame. Préfets, Sous-préfets, militaires et civils ont été tués par les groupes armés.
Qui a donc donné l’ordre d’attaquer ? Le rapport est nuancé surtout lorsque le Premier ministre déclare avoir dit au chef d’Etat major de ne pas attaquer sans un ordre politique. A ce niveau, le Général Mahamane Touré s’assume et déclare avoir donné l’ordre de récupérer le gouvernorat de Kidal après des renseignements recueillis. Malheureusement, l’armée a connu l’une de ses plus grandes défaites face à l’ennemi. Le même rapport souligne que le Premier ministre n’a pas exprimé de remords après ce revers de l’armée et que Mahamane Touré a assumé sa part de responsabilité.
En conclusion le rapport affirme que Moussa Mara, Mahamane Touré et Soumeylou Boubèye sont les responsables du désastre de Kidal qui a enregistré 56 morts, plusieurs blessés sans compter les disparus, la perte énorme de matériels de guerre. Leurs responsabilités sont à la lumière des écoutes des différentes personnes. La commission parlementaire recommande l’ouverture d’enquêtes judiciaires contre les principaux responsables de ces malheureux événements.

Haute trahison : pas de preuves matérielles contre ATT
Selon le rapport de la commission parlementaire d’enquête sur la mise en accusation de l’ancien Président de la République, Amadou Toumani Touré, il n’existe pas de preuves matérielles pour sa responsabilité dans les crimes de haute trahison mais des infractions assimilables à des crimes de haute trahison. Selon le rapport, l’ancien chef de l’Etat n’a pas pu empêcher la pénétration des groupes armés. Pis, il les a accueillis à bras ouverts tout en leur offrant des moyens de l’Etat. Par ailleurs, toutes les actions contre les groupes armés ont échoué à cause du manque de moyens adéquats, indique le rapport. « ATT aurait fragilisé le commandement tactique de l’armée », affirme le rapport. En conclusion, le rapport retient qu’il n’existe pas de preuves matérielles contre ATT pour des crimes de haute trahison mais des infractions assimilables à des crimes de haute trahison.

L’honorable Issaka Sidibé s’attaque à un journaliste
Le président de l’Assemblée Nationale a ordonné d’interpeler le journaliste du quotidien ‘’Le Républicain’’, Aguibou Sogodogo, pour avoir enregistré la lecture du rapport de la commission d’enquête sur la mise en accusation de l’ancien Président Amadou Toumani Touré. Le journaliste venu en retard et ne sachant pas la sensibilité du sujet en plénière, s’est mis à l’enregistrer. « Je ne savais pas que c’était interdit d’enregistrer. Je suis désolé », a déclaré notre confrère. Malgré tout, le pauvre journaliste a été conduit manu-militari par les agents de sécurité à la porte sur instruction du sacré Issaka Sidibé. Au même moment, l’équipe de l’ORTM filmait la lecture du rapport. Le jeune reporter de ‘’Le Républicain’’ est resté entre les mains des deux agents de sécurité à la porte de la plénière sur l’instruction du patron des lieux, quatre heures durant. Il a fallu les bons offices du questeur Mamadou Diarrassouba, du Directeur de la communication de l’AN, Youssouf Touré, de l’honorable Bajane Ag Hamatou et d’autres députés pour que le puissant Issaka Sidibé retrouve ses esprits et libère notre confrère.

Les appels téléphoniques en plénière exaspèrent Issaka Sidibé
Le mardi 14 décembre 2016, le président de l’Assemblée Nationale Issiaka Sidibé a piqué une colère noire contre les députés à cause de leurs appels téléphoniques incessants lors de la plénière. « Je n’ai jamais vu une assemblée comme la nôtre où les députés ne cessent d’appeler en plénière. C’est quoi ça. Pendant qu’on travaille d’autres s’amusent. C’est la dernière fois que je préside une plénière où les députés se permettent de s’amuser avec les téléphones. Prochainement si je vois des députés au téléphone, je rentre chez moi calmement », peste-t-il.
ML.F

Chiaka Doumbia

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