Réunion statuaire du Comité Régionale CEDEAO-UEMOA-CILSS :

Un vibrant plaidoyer pour un meilleur accès des producteurs aux semences de qualité
L’hôtel Salam de Bamako a abrité, du 29 au 30 août 2016, les travaux de la deuxième réunion statuaire du Comité Régional des Semences CEDEAO-UEMOA-CILSS (COASem).
Salam  01
Organisée conjointement par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricole (CORAF/WECARD) et l’Institut du Sahel (INSAH/CILSS) en coopération avec le Ministère de l’Agriculture du Mali, cette deuxième réunion statuaire du Comité Régional des Semences CEDEAO-UEMOA-CILSS avait l’ordre du jour l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de la première réunion et l’examen du bilan de la mise en œuvre du règlement semencier régional harmonisé, au niveau national. Selon le Directeur Exécutif du CORAF, Dr Abou TENKOUANO, la mise en œuvre du règlement régional est passée de 41% en 2013 à 84% en 2015. « Plus de 900 agents ont été dotés de moyens pour mener à bien le contrôle de qualité des semences, avec l’appui de la production des catalogues variétaux qui constituent des sources d’informations sur le potentiel génétique et les zones d’adaptation des variétés disponibles », a-t-il indiqué. « On estime que la quantité de semences fournies aux agriculteurs de la sous-région est passée de 183 000 tonnes en 2012/13 à 372 000 tonnes en 2015, ce qui représente 103% d’augmentation et la couverture en semences certifiées est passée de 14% à 22% pendant la même période. De même, la valeur des semences commercialisées est passée de 215 millions USD à 761 millions USD mais nous restons en deçà de la valeur potentielle de 1,7 milliard USD. Ces augmentations contribuent à la transformation de l’agriculture et la création d’emplois », a précisé le Directeur Exécutif du CORAF. Selon lui, les évolutions positives observées dans le secteur semencier ont aussi contribué à l’édification d’une capacité endogène de réponse régionale aux défis régionaux. «En dépit de ces succès, des défis subsistent dans la mise en œuvre du règlement, notamment un faible niveau d’adoption dans certains pays et une mauvaise compréhension par une certaine catégorie de la population. D’autres défis sont l’adultération du marché des semences, les restrictions et les extorsions transfrontalières injustifiées, entre autres », a fait savoir Dr Abou TENKOUANO.
De l’avis du Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture, Daniel Kéléma, la tenue de cette réunion témoigne de la volonté des organisateurs d’avoir une règlementation harmonisée dont la mise en œuvre est effective dans les états membres. Selon lui, la semence revêt une importance dans l’accroissement de la productivité et de la production agricole, mais aussi, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
C’est pourquoi, a-t-il ajouté, le programme semencier d’Afrique de l’Ouest a fait de la production et l’utilisation des semences de qualité, les principales cultures vivrières à savoir, le mil, le sorgho, le maïs, le riz, l’un des objectifs majeurs. « En vue d’atteindre de tels objectifs, il est nécessaire de mettre en place un cadre législatif et règlementaire adéquat permettant aux acteurs de mener leurs activités selon les normes recommandées et d’offrir des semences de qualité aux producteurs de la sous-région », a-t-il martelé. Pour Daniel Kéléma, « le Comité Unique Régional des Semences CEDEAO-CILSS-UEMOA doit être performant pour pouvoir atteindre les résultats escomptés ».
A la fin de la réunion, le Directeur Exécutif du CORAF a insisté sur la mobilisation des ressources. « Nous devons mobiliser les ressources pour que notre rêve devienne réalité », a-t-il souligné. La troisième réunion aura lieu en 2017 dans un autre pays.
Bintou Diarra

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