Sadio Lamine Sow, Ancien Ministre d’Etat sous la transition : Une compétence éblouissante et un riche carnet d’adresses à l’international

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Il appartient à ce cercle très restreint et fermé de ce que l’on nomme pudiquement dans le jargon diplomatique de « diplomates de l’ombre », à cause surtout de sa proximité un peu trop étroite avec les puissants du jour, c’est-à dire plusieurs chefs d’Etat du continent.

«C’est un homme qui ne change pas de conviction en fonction des circonstances, qui ne change pas d’amis en fonction des situations, qui ne change pas d’humeur en fonction des aléas», dit de lui un ami, de surcroît un aîné.

Natif de la Cité des Rails, le Diplomate Sadio Lamine Sow est une personnalité malienne très connue et respectée à l’international, particulièrement dans la sous-région. Il appartient à ce cercle très restreint et fermé de ce que l’on nomme pudiquement dans le jargon diplomatique de «diplomates de l’ombre», à cause surtout de sa proximité un peu trop étroite avec les puissants du jour, c’est-à dire plusieurs chefs d’Etat du continent, dont les ballets diplomatiques ont longtemps rythmé les couloirs et autres salons huppés et feutrés du capitaine Blaise Compaoré, président du Faso renversé, comme vous le savez, à la suite d’une insurrection populaire, massive, mais qui ne fut en réalité qu’une vraie «révolution de palais» (au sens marxiste du terme).

Mais ça c’est une autre histoire. C’est ce président du Faso, Blaise Compaoré qu’il a servi avec courage, intelligence et loyauté, en sa qualité de conseiller spécial pendant au moins une vingtaine d’années, sans que son nom ne soit mêlé ni de près, ni de loin aux affaires purement nationales du Burkina-Faso.

Intellectuel discret, racé, au langage très policé, Sadio Lamine Sow était avant cette prodigieuse «randonnée» au pays des hommes intègres, ce sobre et élégant journaliste au service du célèbre hebdomadaire africain, «Jeune Afrique », qu’il a intégré le même jour que le Français François Soudan, lequel deviendra par la suite, l’une de ses grandes plumes à l’échelle internationale. A chacun son destin!

Après la chute du Président ATT, et à cause surtout du caractère éminemment particulier de la situation socio-politico-militaire de l’époque, il sera nommé le 17 Avril 2012, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération étrangère, un poste prestigieux qui faisait également de lui le numéro deux du Gouvernement de mission dirigé par le Premier ministre Cheick Modibo Diarra. Si ce talentueux négociateur a accepté cette lourde et exaltante charge, c’était pour secourir sa «patrie en danger», afin de mettre   cette riche expérience acquise auprès de Blaise Compaoré, devenu très fréquentable et dont le pays fut pendant plusieurs années l’incontournable «plaque tournante» de plusieurs personnalités politiques importantes de la sous-région.

Sadio Lamine Sow a aussi connu une vie militante et syndicale bien remplie, ainsi qu’une vie administrative pleine et réussie, même si certains «esprits chagrins et grincheux» lui ont souvent reproché de n’avoir travaillé qu’à l’extérieur de son pays. Un vrai-faux procès à l’heure où nous sommes, quant on sait que les sommes faramineuses d’argent collectées et rapatriées au pays, par les Maliens de la diaspora constituent aujourd’hui une manne extrêmement importante et inestimable pour l’économie malienne.

Dans le premier gouvernement de Cheick Modibo Diarra, Sadio Lamine Sow figurait parmi le très restreint cercle des ministres qui ont renoncé à leurs salaires et autres avantages. Ce n’est pas tout. Il a préfinancé de nombreuses missions à l’extérieur afin de briser rapidement l’isolement du Mali suite au coup de force militaire ayant renversé le Général ATT. A sa sortie du gouvernement, il a remis avec constat d’huissier tous les biens de l’Etat mis à sa disposition ainsi que les cadeaux reçus à l’extérieur. Chose rare sous nos tropiques.

Pendant le laps qu’il a passé à la tête de la diplomatie malienne, Sadio Lamine Sow a laissé des traces indélébiles. De nombreux cadres des affaires étrangères peuvent en témoigner. Pour la petite anecdote, le ministre Sow n’a pas hésité à rappeler son petit frère qui était alors ambassadeur du Mali en Suisse. En juin 2012, quand un hélicoptère du Burkina Faso a atterri dans le secteur de Gossi pour évacuer le secrétaire général du Mnla, Bilal Ag Achérif, blessé suite aux affrontements avec le Mujao, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a convoqué à Koulouba l’ambassadeur du Faso, Sané Mohamed Topan, pour des explications. Quand la Mauritanie a instauré une carte de séjour pour les ressortissants de l’Afrique de l’Ouest, le Mali a actionné rapidement la réciprocité en matière de diplomatie. Le gouvernement mauritanien a rapidement dépêché un émissaire à Bamako pour jouer à l’apaisement.

Ils sont nombreux les hommes politiques et autres responsables de la société malienne à se rendre chez l’ancien chef de la diplomatie malienne pour profiter de sa compétence éblouissante et son riche carnet d’adresses à l’international.

B.CAMARA

 

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