Sit-in de la Coalition des Syndicats de Police : Une décision pas responsable !

La Coalition des Syndicats de Police envisage de tenir, demain vendredi 14 février un sit-in au ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Avec la farouche détermination de le remettre aux 21 et 28 février 2020  pour…. réclamer leurs droits ! Un syndicat responsable doit-il tenir un tel rassemblement dans un lieu aussi stratégique que l’enceinte du département en charge de la sécurité au moment où d’autres frères d’armes tombent sous les balles assassines de l’ennemi ?

Incroyable mais vrai ! Un vent de folie serait-il en train de souffler au sein des agents dont la mission est d’assurer l’ordre et sécurité du Mali ? Il est à craindre que c’est le cas et dieu seul sait où s’arrêtera la dérive. Le Rubicon n’est pas loin d’être franchi par une Coalition des syndicats de Police qui envisage d’organiser des sit-in les 14, 21 et 28 février 2020 devant le ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Pour, dit-elle, réclamer ses droits !

Malgré l’incongruité de la situation, le Directeur général de la Police nationale a chargé son adjoint de piloter une commission en vue de trouver un consensus avec les syndicats dont les revendications ne sont pas, du reste, nouvelles.

Ainsi, concernant la doléance relative aux diplômes de la police, le dossier est pendant au niveau de la justice. L’administration de la police, toujours respectueuse des décisions des juridictions compétentes, attend le verdict le verdict de ces dernières quant à la conduite à tenir

Quid de la régularisation des policiers suspendus ou radiés de 2012 à nos jours ? Ce point fait l’objet d’un traitement au cas par cas qui est en cours. Ainsi deux sous-officiers, à savoir le sergent de police Alassane Diallo et Alou Djibrilla Maïga ont été réintégrés conformément aux Arrêtés signés à cette fin le 31 décembre 2019.

Autres pommes de discordes : la demande d’intégration des policiers radiés  pour fautes graves ou suite à des condamnations par la justice est insensée.

Quant à la nomination des régisseurs de recette, il est avéré que cela relève des seules prérogatives du ministre de l’Economie et des Finances, lequel a été déjà saisi par le ministère de la Sécurité.

La Direction générale de la Police nationale est disposée à remonter la dotation de tenue spéciale pour certaines unités d’interventions. Elle a pris aussi de contacter ses partenaires pour la réalisation des toilettes mobiles au niveau des Polices Secours.

Pour ce qui concerne les policiers victimes dans l’exercice de leur fonction, des dispositions ont été prises pour dédommager les cas avérés.

S’agissant des mutations, leurs décisions relèvent du pouvoir discrétionnaire du Directeur général de la Police et sont fonction des besoins du moment.

Concernant les recrues en cours de formation à l’Ecole nationale de police, ils ne peuvent pas bénéficier de la Prime générale d’alimentation (PGA) pour la simple raison qu’ils ne sont pas encore des fonctionnaires de police.

Quant au problème des perdiems, il a été résolu depuis belle lurette. Les primes accordées aux fonctionnaires de la Police ont connu une hausse significative ces dernières années.

A quoi joue donc la Coalition des Syndicats de Police ? Au dilatoire ? A quelles fins ? Une mise en scène orchestrée pour abuser davantage une opinion nationale traumatisée ? Distraire les autorités préoccupées par la gestion des urgences liées à la situation sécuritaire du pays ?

La situation actuelle exige de tous les Maliens, notamment les porteurs d’uniformes, plus de sacrifices. Un syndicat responsable ne choisit pas le moment où d’autres frères d’armes tombent sous les balles assassines des ennemis de la nation pour tenir un tel rassemblement dans un lieu aussi stratégique que l’enceinte de département en charge de la sécurité.

Il est heureux de constater que le SPN Syntade a fait preuve de responsabilité en se désolidarisant de cette initiative. Le Major Tiencouda Kanté et ses camarades doivent être salués pour leur lucidité. Leur courage devrait être suivi par d’autres tendances syndicales.

Au moment où nous mettions sous presse, une réunion se tenait au Groupement mobile de sécurité (GMS).

B. Diarra

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