Société malienne : La terre a plutôt soif de la sueur des hommes !

Quelle mouche a donc pu piquer nos jeunes pour qu’ils soient si inconscients et si insouciants, au point de devenir partisans du moindre effort ? En effet, il n’est pas rare de voir, de nos jours, de nombreux jeunes hommes se complaire à se faire entretenir par leur épouse et/ou leur mère. Dans ces conditions, qu’en sera-t-il de notre avenir ? De notre devenir ?

En fait, il est illusoire de croire que ceux, dont les fesses n’ont pu supporter un pantalon, puissent porter les charges d’une famille.

La désinvolture des jeunes est telle qu’ils ignorent superbement les valeurs fondatrices de notre société. Ce qui les mène purement et simplement à l’acculturation.

A y regarder de près, la faute incombe-t- elle aux enfants ? Loin s’en faut. Quand on sait que nos valeurs sociales et sociétales doivent être inculquées aux enfants, en premier lieu, dans la cellule familiale, la défaillance se situe au niveau des parents et, particulièrement (ou principalement) des pères de famille. Et, il est regrettable de constater que beaucoup d’hommes sont en « moussola sigui », au lieu que leur épouse soit en « djèla sigui ». C’est ainsi que bon nombre de nos braves dames se retrouvent, par la force des choses,  et malgré elles mêmes, chefs de famille.

Ce qui va à l’encontre des préceptes musulmans car c’est l’homme qui est le guide, donc naturellement le chef de famille, c’est-à-dire, le berger devant mener à bon port son « troupeau ».  Cela est d’autant plus ordi que l’homme normal tranche selon la ‘’raison’’, alors que la femme est plutôt encline à laisser parler son « cœur ».

Dès lors, il urge que nous tous autant que nous sommes et, pendant qu’il est encore temps fassions un examen de conscience approfondi.

La course au gain facile, le désir « de paraître », coûte que coûte, nous a détourné de l’essentiel, à savoir : qu’adviendra-t-il après nous ? Si nous n’y prenons garde, cela risque d’être le naufrage collectif, voire le déluge imparable.

Cependant, on peut tout réussir si on le veut et avec suffisamment de foi. « Il  faut le vouloir avec une exubérance qui vous sort par tous les pores et rejoint l’énergie qui a crée le monde », disait Shella Graham. Toutefois, il est bon qu’une famille, une nation soit assez forte par la tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs, quand on sait que tout est humain : même les lâchetés, les faiblesses, les errements et il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.

En définitive, nous devons avoir la volonté de tendre à créer un monde conforme à notre propre vision.

Nous avons notre philosophie, nos mœurs, nos traditions qui n’ont rien à envier à celles des autres. Les abandonner, purement et simplement, reviendrait à nous dépersonnaliser.

Certes, nous ne pouvons et ne devons nous replier sur nous-mêmes, au risque de nous scléroser. Assimiler les sucs qui nous nourrissent ne signifie point reniement de notre culture. Nous avons besoin de l’apport des autres pour l’épanouissement de notre pensée et de notre cœur.

Notre vraie promotion passe par la prise en charge totale de notre passé, de notre propre culture et de nos potentialités. Nous ne devons jamais nous lasser de puiser dans la grandeur et la profondeur de la musique malienne originale et originelle qui vante (ou loue) le sens social très aigu du Malien, les sentiments d’honneur, de probité et de sacrifice.

A bon entendeur, salut !

Idrissa Oumar SISSOKO

Tél : 76 19 98 06.

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