Sortie de crise au Mali : Les recettes du CRAIM

«Quelle transition pour une sortie de crise sociopolitique au Mali ? » tel était le thème de la conférence inaugurale du Cercle de réflexion et d’Actions-Initiative pour le Mali (CRAIM) le samedi 29 aout 2020, à son siège à l’ACI 2000. De nombreuses propositions ont été faites pour une sortie rapide de crise au Mali au cours de cette conférence animée par Mamady Sissoko, professeur d’enseignement Supérieur et constitutionaliste.

La conférence a enregistré la présence d’éminents professeurs, chercheurs, hauts cadres de l’Etat et participants en ligne depuis l’extérieur. Trois heures durant, ces citoyens maliens soucieux du sort de leur pays ont fait un véritable diagnostic de la crise actuelle et des  propositions pertinentes pour en sortir.

Selon le conférencier du jour, Mamady Sissoko professeur d’enseignement supérieur et constitutionaliste. «Je crois que la première des choses, il faut qu’on reste uni, nous sommes un seul peuple pour un seul but ; nous devons  avoir la même foi. Unis dans ces conditions, nous pouvons faire face à tous les défis. Oublions nos intérêts personnels. Et regardons le  Mali, rien que le Mali, tout pour le Mali, nous allons nous en sortir».

Ainsi, s’adressant à ceux qui défient la CEDEAO ou la Communauté Internationale  «Je dois leur dire que la CEDEAO n’est pas venue à nous, c’est le Mali qui a pris sa souveraineté qui est allé signer tous les documents de la CEDEAO. Nous avons vu ainsi, au Burkina-Faso quand il y a eu coup d’Etat contre Monsieur Kafando, la CEDEAO est partie pour rétablir l’ordre. Nous ne pouvons pas intégrer une organisation et ne pas nous soumettre aux engagements. Nous avons souscrit à ces engagements, nous avons ratifié, nous sommes tenus de les respecter et se sont ses engagements aujourd’hui qui régissent notre Etat. Le droit interne est déjà à terre, il n’y a pas d’institution, il n’y a pas d’organe  de direction ; il n’y a que d’organe communautaire de la CEDEAO qui régit aujourd’hui les rapports politiques de la République du Mali. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une question de droit. Alors, ceux qui s’apprêtent à diriger ce pays doivent être honnêtes et s’engager dans le respect de droit communautaire, ne pas respecter la CEDEAO c’est se démettre de ses obligations», a martelé l’éminent juriste.

« Au sortir de cette réunion, je suis satisfait, parce que j’ai compris que les idées convergent vers les mêmes préoccupations, c’est la sortie rapide de crise. C’est de se mettre au service de la nation à tous les niveaux quel que soit le lieu ou le poste, il faut vraiment aider ces jeunes officiers à faire sortir le pays dans des situations difficiles. En abandonnant tous les autres  agendas et il faut les suivre. D’accord, leur intervention sur la scène politique n’était pas souhaitable, personne ne souhaitait une telle survenance, mais avec la démission volontaire du Président de la République  certifiée par la CEDEAO, il va falloir que tout le monde se donne la main maintenant pour rester camper derrière le CNSP pour  booster notre développement. Nous sommes menacés déjà par une crise multidimensionnelle au Nord qui risque d’aboutir à  l’éclatement du pays. S’il faut encore entretenir notre crise à l’interne, je crois que vraiment ce serait de trop. Voilà pourquoi, dans l’urgence nous avons organisé ça entre intellectuels pour essayer d’élaborer au profit des décideurs de décisions que nous allons soumettre à leur appréciation», a conclu Monsieur Sissoko.

Ainsi, au cours des débats, Mme Doumbia Mama Koita, Présidente de la Plateforme des femmes du Mali  a proposé d’aider le CNSP. «Le Mali est dans une crise profonde. Certes le M5 est à l’origine de certains éveils de conscience, mais la page est tournée, il s’agit de sauver le Mali», a-t-elle laissé en entendre. En femme leader convaincue, elle a cependant évoqué le rôle des femmes dans la résolution des crises multidimensionnelles que nous connaissons aujourd’hui, car selon elle, ‘’la paix n’est pas possible sans les femmes’’.

De nombreuses propositions intéressantes ont été faites par d’autres participants, dans la salle comme en ligne. Elles seront toutes mises dans un document pour les soumettre à qui de droit.

Moussa Diarra 

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