Utilisation des contraceptions au Mali : Une adhésion satisfaisante de la population de Fana

Sur une population de 277 598 habitants du district sanitaire de Fana, 31 femmes à l’âge de procréer utilisent des contraceptions et 55% des jeunes de moins de 24 ans fréquentent les centres de santé pour des besoins de planification.sante-de-la-reproduction-01
Située à 125 km de Bamako sur la route de Ségou (Cercle de Dioïla et région de Koulikoro), la commune de Fana a abrité les 19 et 20 septembre 2016 un atelier de production sur la Santé de la Reproduction et Planification Familiale (SR/PF) dans les régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou et le District de Bamako. C’est à cette occasion qu’une sortie de terrain a été organisée sur le village de Wèrèkéla à 1 km de Fana. Dans ce village, l’engagement des hommes pour accompagner leurs femmes à la meilleure utilisation des contraceptions est devenu une réalité.
« Notre souci, c’est la santé de nos femmes et nos enfants. C’est pourquoi, nous avons accepté l’utilisation des contraceptions et nous les accompagnons dans ce sens. Nous les encourageons également à fréquenter les centres de santé à chaque fois le besoin se fait sentir », a témoigné Mamadou Mariko, chef du village de Wèrèkéla. Selon lui, avec trop d’enfants, il y a toujours des problèmes de santé et d’éducation. « Pour éviter cela, il faut forcément l’utilisation des contraceptions afin d’espacer un peu les enfants », a-t-il ajouté.
Dr. Moussa Diabaté, Directeur Technique au Centre de Santé Communautaire de Fana (CSCOM), a ajouté que pour l’adhésion de la population de Fana, il a fallu non seulement plusieurs séries de sensibilisations, de causeries avec les hommes et femmes, mais aussi des séances d’animations dans les établissements scolaires des différentes communes du district sanitaire de Fana. « Nous souhaitons que désormais les autorités compétentes ajoutent la santé de reproduction et planification familiale aux programmes scolaires et universitaires à tous les niveaux », a-t-il souligné.
Selon Dr. Diabaté, dans le district sanitaire de Fana, sur une population de 277 598 habitants, 55% des jeunes de moins de 24 ans fréquentent les centres de santé pour des besoins de planification et 31 femmes à l’âge de procréer utilisent déjà l’une des contraceptions. Toutefois, le Directeur Technique a affirmé que la meilleure pratique de ces contraceptions n’est pas seulement une affaire de femmes ou de techniciens de santé, mais de tout le monde.
La peur encore au ventre chez les jeunes filles de Wèrèkéla !
A peine une heure de temps après l’arrivée de la délégation à la place publique de Wèrèkéla, les filles se faisaient rare sur les lieux des échanges entre spécialistes et habitants. Celles qui avaient osé sortir, se cachaient derrière les arbres ou les maisons. Elles écoutaient, à distance, les échanges. Sous l’ombre d’une maison d’à côté se trouvait une jeune fille toute souriante. « Je suis Kama Sermé, j’ai 15 ans et je suis élève (classe 11ème). J’ai entendu parler de contraceptions, mais je ne les ai jamais utilisées. Parce que tout simplement, j’ai peur de mes parents. Sinon, j’aime vraiment les utiliser », a-t-elle déclaré lorsque nous lui avions demandé son avis.
Entre temps, trois autres jeunes filles sont venues se présenter avec l’intention de réagir. Toutes souriantes, la plus âgée prend la parole (comme cela se fait en campagne) pour nous répondre. « Comme Kama, nous avons toutes entendu parler de la planification familiale dans nos différentes écoles et nous aimons toutes la pratiquer, mais nous avons peur de nos parents. Pour l’instant, je ne connais aucune fille qui l’utilise aujourd’hui à Wèrèkéla », a indiqué Mama Bouaré, élève et âgée de 16 ans.
Quant à l’Imam Moumourou dit Seydou Mariko et d’autres parents, ils reconnaissent que l’utilisation des contraceptions consiste à assurer une meilleure santé pour les enfants et leurs mères tout en réduisant les dépenses de la famille. Aussi, il ressort des échanges qu’à Wèrèkéla, la planification familiale est beaucoup plus utilisée au sein des couples qu’au niveau des jeunes.
OB

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