Vent de séparatisme à Gao : Le drapeau de la honte

Le geste est simple, mais il porte gravement atteinte à l’unité du pays : un nouveau drapeau flottant sur la ville de Gao et une menace à visage découvert de la création de l’Empire songhoy.

La semaine dernière, la ville de Gao a été le théâtre d’une manifestation réclamant le départ du gouverneur de région. Très vite, la contestation s’est transformée en revendication indépendantiste. Si l’événement a été noyé par les attaques terroristes de Douentza et Tombouctou, il présente tout de même le niveau visage de la crise du Nord.

Pourquoi exhiber un drapeau au moment où tout le monde travaille au retour de la paix ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette démarche séparatiste ? Et quel est véritablement le poids de ceux qui se sont lancés dans une telle aventure ? Quelle est position de la notabilité de la Cité des Askia ? Et surtout quelle légitimité ont les auteurs de cette entreprise dangereuse ?

Des questions qui méritent des réponses dans la mesure où la ville de Gao était connue jusqu’ici comme la championne en matière de défense de l’unité nationale. Brandir un autre drapeau que celui du Mali en cette période trouve plusieurs significations et intrigue plus d’un.

Selon toute vraisemblance, l’idée qui est derrière cette démarche est claire : contraindre l’Etat central à revoir sa copie dans sa gouvernance. Certes, une revendication de l’amélioration des conditions de vie des populations est plus qu’un impératif mais de là à brandir la menace de créer un Empire songhoy, il y a un pas de trop franchi dans la ville de Sonni Aly Ber.

Pour bon nombre d’observateurs, une telle revendication aurait pu tenir la route au moment où le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) proclamait avec faste l’utopique République de “L’Azawad”. Un nouveau pays imaginaire sur les terres de l’Empire songhoy. Ce jour-là, légitimement on pouvait se permettre de féliciter les initiateurs de Songhoy Ganda.

Pour ainsi dire, la démarche de mettre en place même dans les discours d’un pays autre que le Mali est une insulte à la mémoire du vaillant peuple de culture songhay. Un brave peuple qui ne rêve que d’un Mali, un et indivisible auquel il a fortement contribué depuis son indépendance.

A. M. C.

Source: L’indicateur du Renouveau

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